L’annexe de l’Ecole des Beaux-arts de Biskra, rattachée à l’école mère de Batna, et en dépit de son jeune âge, n’ayant ouvert ses portes qu’en 2007, recèle un potentiel et des aptitudes qui méritent encouragement, encadrement, mais aussi et surtout une prise en charge après la formation à l’école.

Le souci des débouchés reste poser et ce pour toutes les écoles au niveau national , car aucune convention, décision ou autres n’ont été décrétées pour que les sortants des écoles des beaux-arts trouvent place, dans les cycles scolaires ou autres, hormis quelques exceptions . Se situant en plein centre de la capitale des Zibans, cependant beaucoup de citoyens biskris ignorent son existence. Et pourtant, dans cette petite école, de jeunes artistes qui viennent des différentes communes de la wilaya de Biskra, et même des wilayas limitrophes, à l’exemple de Ouargla ou Oued Souf, font un travail artistique des plus beaux et des plus esthétiques , qui n’a rien à envier aux travaux et œuvres des élèves des autres écoles de Batna, de Constantine ou d’Alger, sans pour autant avoir les mêmes moyens. En effet, lors d’une rencontre avec les étudiants et dans différents ateliers, arts graphique, peinture, moulage, dessins, ce n’est pas l’envie et le talent qui manquent mais la rareté et des fois l’absence des moyens et des outils de travail. Pinceaux de qualité, encre de chine, toile, terre glaise et bien d’autres outils qui dans d’autres villes sont disponible et accessibles si on parle prix. Mais le problème majeur est invoqué par la directrice de l’annexe Madame Assasi, qui met en exergue des soucis qui empêchent vraiment l’école de prendre son envol. Elle nous dit , un peu triste bien sûr : «Nous avons un manque flagrant d’enseignants spécialistes car nous n’arrivons pas à les garder. Nous sommes obligés de fermer certaines spécialités qui sont pourtant demandées par les étudiants, à l’exemple des miniatures, sculpture, design et aussi l’absence d’un lieu d’hébergement. Nous avons des inscrits aux examens qui viennent de l’extrême Sud mais nous ne disposons pas de lieu d’hébergement. Ils repartent et abandonnent leurs études, filles et garçons, un vrai gâchis.» Que fait la tutelle ? Est-ce que la politique des annexes a montré ses limites ? Peut-on abandonner des jeunes et les laisser sur le carreau alors qu’ils veulent et désirent poursuivre des études dans le domaine artistique avec un cycle assez longs, alors qu’ils peuvent opter pour d’autres formations, plus courtes et où les débouchées existent. A l’exemple de la formation professionnelle, qui siphonne d’ailleurs des élèves qui étaient enclins vers les beaux-arts. Jeune artiste parmi les 30 étudiants en formation, Marame nous dit aimer l’art et elle a toujours voulu poursuivre des études artistiques. Elle était prête à partir ailleurs dans d’autres écoles, mais l’aubaine se présente à Biskra, « avec l’ouverture de l’annexe, il s’agit maintenant de nous fournir le minimum » nous dit-elle. A bon entendeur.