Les décisions prises dimanche en Conseil des ministres, sur la suite à donner à l’année scolaire interrompue par la crise sanitaire du coronavirus, notamment dans le chapitre lié à la tenue des examens de fin d’année, ont été approuvées par l’ensemble des organisations syndicales qui ont été associées dans les concertations du secteur.
Cependant, le maintien des épreuves du BEM programmées pour le mois de septembre prochain a fait des mécontents parmi les syndicalistes et aussi chez une représentation des parents d’élèves. Pour ceux qui expriment désormais un mécontentement suite au maintien du BEM et sa programmation en septembre, il aurait été plus judicieux et logique de supprimer cette épreuve et se contenter de comptabiliser les moyennes des élèves durant les deux premiers trimestres. C’est le cas de l’Organisation nationale des parents d’élèves qui avait proposé à la tutelle, lors d’une rencontre consultative, d’annuler l’examen final du BEM et de décaler celui du bac à fin juin, qualifiant la non-suppression du BEM d’«insensée». «La décision de tenir les examens du BEM et du bac en septembre prochain est insensée», a dit Ali Benzina, président de ladite association. «C’est une décision non étudiée et non réfléchie d’examiner des candidats de fin de cycle après 7 mois sans cours», fulmine M. Benzina, pour qui «un élève de 4e Année moyenne ne peut retenir et restituer tout ce qu’il a reçu…»
Pour leur part, les syndicats du corps enseignant ont émis des réserves et critiqué quelques mesures décidées par le gouvernement concernant l’année scolaire, tout en saluant à l’unisson la décision de ne pas reprendre le chemin des écoles dans ce contexte de crise sanitaire.
Les membres de l’Intersyndicale de l’Education avaient appelé à la déclaration de fin de l’année scolaire pour les trois cycles de l’enseignement, en comptabilisant la moyenne des premier et deuxième trimestres pour le passage. Elle a proposé également d’annuler les examens de 5e année primaire et du BEM, et de maintenir celui du bac, en le décalant à la fin du mois de septembre. Le Secrétaire général du Satef, Boualem Amoura, se préoccupe en particulier de l’état «psychologique» des élèves, qui sont en situation d’arrêt des cours depuis le 12 mars, mais qui seront «contraints de passer un examen de fin de cycle» après plus de cinq mois sans classe. Cette situation impactera directement le rendement des élèves, dit notre interlocuteur qui craint des résultats «catastrophiques». M. Amoura salue toutefois la décision d’annoncer la fin de l’année scolaire, compte tenue de l’impossibilité de retourner en classe en ces temps de coronavirus.
Le porte-parole du SNTE, Abdelkrim Boudjenah, a traduit dans un post sur facebook comment a été accueillie la décision par les élèves de 4e Année moyenne évoquant «consternation» et «choc» en allusion à ceux qui s’attendaient plutôt à ce que l’examen du BEM soit annulé.
De son côté, le syndicaliste Nabil Ferguenis reproche aux décideurs d’opter pour «la voie la plus compliquée techniquement, la plus coûteuse et la plus lourde psychiquement». Pour lui, «le maintien de l’examen du BEM est dénué de toute logique, qu’elle soit pédagogique, sociale, économique ou psychologique». Ce dernier s’interroge notamment sur «l’encadrement» des révisions en cette conjoncture de confinement et sur l’état psychique au jour de l’examen alors que l’élève à quitté l’école depuis 6 mois.
De son côté, l’Unpef, qui avait demandé d’annuler l’examen du BEM, son porte-parole Sadek Dziri ne trouve pas cependant d’inconvénient à ce que le BEM se tienne en septembre. Le Snapest a salué, quant à lui, le maintien de cet examen. Son coordinateur Meziane Meriane a estimé qu’il y a «du positif» en accordant une chance à tous les élèves de réussir leur passage au lycée quelle que soit la moyenne du collège. «Car si on tient compte de la moyenne du passage même réduite à 9/20, des élèves avec 8,75/20 risquent l’exclusion si leur âge dépasse 16 ans et ceci conformément à la législation scolaire. Le fait de leur donner une chance de passer l’examen leur donne aussi celle de réussir», a-t-il expliqué. C’est dans ce sens que le syndicaliste salue la décision de maintenir le BEM, alors que l’ensemble des syndicats des enseignants avaient demandé son annulation en se contentant de comptabiliser la moyenne des deux premiers trimestres.
Toutefois, le Snapest propose de mettre en place une commission afin de réfléchir sur les moyens de maintenir l’élève dans le «bain pédagogique» jusqu’à septembre. n