A la veille de la rentrée scolaire, le ministre de l’Education nationale, dont c’est la première, lui, qui a été installé au cours de l’année précédente, se veut rassurant en parlant d’une rentrée « bien préparée» accompagnée, dit-il, de «mesures inédites».
Parmi les motifs de sérénité affichée par M. Abdelhakim Belabed, lors de la conférence de presse tenue hier à Alger, après sa réunion avec les cadres de l’administration centrale, les directeurs de l’éducation nationale et les représentants de partenaires sociaux, figure notamment la « réception inédite » de 656 établissements scolaires pour cette année, dont 426 établissements dédiés au cycle primaire. « La rentrée scolaire de cette année s’annonce bien préparée. Des mesures inédites et des décisions louables ont été prises par le Premier ministre pour son bon déroulement», a-t-il soutenu.
Promettant dans le même registre,
« beaucoup d’autres infrastructures de soutien » qui seront livrées prochainement, le ministre a évoqué également la « disponibilité des manuels scolaires ».
Concernant le gros problème de la surcharge des classes, dont souffre le secteur et maintes fois abordé par les spécialistes, il a estimé qu’« avec le nombre d’établissements réceptionnés, il n’y a plus de raison de parler de ce problème ». Il a relevé, dans le même chapitre, que les classes préfabriquées comportant de l’amiante «seront remplacées par d’autres établissements qui ne figurent pas dans le nombre des infrastructures réceptionnées ».
Le successeur de Nouria Benghebrit a expliqué le problème de la surcharge des classes par «le mouvement des populations» à travers les différentes opérations de relogement qui s’opèrent dans les wilayas, relevant que les circonscriptions qui connaîssent encore ce problème sont «plutôt circonscrites et bénéficient d’un traitement pédagogique et infrastructurel adéquat».
S’agissant du projet portant sur la réforme du baccalauréat, le ministre ne semblait pas très armé sur le dossier, se contentant de promettre de « dévoiler les résultats à ce sujet en temps opportun, notamment pour dire quand et comment cela va être appliqué ».
« Il y a un cordon ombilical entre la réforme du baccalauréat et la réforme du système d’enseignement secondaire. C’est aux experts, entre autres, et aux partenaires sociaux de décider, d’un commun accord, comment traiter ce dossier dans le bon sens et au moment opportun nous vous donnerons une suite », a-t-il indiqué.
Les syndicats boudent la tutelle
Concernant les organisations syndicales du secteur, le ministre ne pouvait pas ne pas être dans l’embarras vu de la réponse négative que son offre de dialogue a suscitée auprès des partenaires sociaux. La rencontre de travail et d’échange, prévue par la tutelle à la veille de la rentrée scolaire, a été en effet boudée par les syndicats du secteur. « Nous avons une réunion aujourd’hui (hier) avec certaines d’entre elles. Une autre réunion est prévue demain (aujourd’hui) avec d’autres syndicats. Nous sommes à l’écoute et nous respectons tous les syndicats. Nous espérons que ceux qui n’ont pas participé à la réunion puissent venir prochainement. Nous inviterons tout le monde à y prendre part», a déclaré M. Belabed. L’attitude des organisations syndicales est loin d’augurer d’une rentrée scolaire dans la sérénité, bien que le premier responsable du secteur évoque « une bonne préparation » de cette échéance. <