Le travail au noir à Annaba prend des proportions alarmantes touchant tous les corps de métier, particulièrement dans le BTP et les services où les employeurs font fi des lois régissant le secteur.

En effet, selon l’inspection du travail de la wilaya des milliers d’infractions ont été relevés par les agents inspecteurs au cours des contrôles effectués au niveau des entreprises et des commerçants. Ainsi 5 129 contrôles ont été effectués dans différents secteurs d’activité, 1 350 P.-V. ont été dressés et 3 542 mises en demeure ont été adressées aux employeurs. Ces infractions au Code du travail ont trait à la non-déclaration des travailleurs au niveau de la Cnas, au non-respect du SNMG, à l’embauche directe sans passer par l’Anem alors que la loi l’exige, l’absence de fiches de paie pour les travailleurs, l’embauche d’étrangers sans permis de travail, la sécurité des chantiers, l’absence d’échafaudages, aux conditions de travail et équipements de protection des ouvriers (souliers de sécurité, casques, combinaisons de travail). Comme rapporté plus haut, ces infractions ont été relevées pour la plupart sur les chantiers de construction qui pullulent à Annaba où le BTP est de loin le secteur le plus actif. Les entrepreneurs recrutent à tout-va sans pour autant respecter le Code du travail qui les oblige à déclarer les travailleurs au niveau de la Cnas. Les ouvriers tout contents d’être embauchés n’exigent pas d’être déclarés de crainte d’être licenciés sur-le-champ, car ils sont sûrs d’être remplacés au pied levé, la demande étant forte. Les salaires sont payés en liquide, pas de fiche de paie, aucune trace de leur emploi et même si accident de travail il y a, aucun document ne prouve que la victime a travaillé effectivement sur le chantier, lieu de l’accident. Les inspecteurs du travail se sont mobilisés ces derniers temps pour redresser la situation à coups de P.-V., si bien que certains employeurs se dépêchent pour se conformer à la réglementation sous peine de poursuites judiciaires qui leur causeront beaucoup de torts.