Le corps des Douanes à Annaba vient d’être éclaboussé par une affaire de corruption, de complicité, de trafic de conteneurs, de transfert illicite de devises et d’introduction frauduleuse de marchandises interdites à l’importation. Une affaire où sont impliqués 17 fonctionnaires

, dont le directeur régional de cette institution, le chef d’inspection divisionnaire et 5 inspecteurs qui se sont vu retirer leurs passeports par la Gendarmerie nationale sur instruction du Procureur de la République. La genèse de cette affaire remonte à janvier 2018 lorsqu’un douanier affecté au port a découvert un trafic de conteneurs et avait usé de ses prérogatives pour bloquer une opération illicite d’importation. Mais l’importateur en question bénéficiait de complicités de haut niveau au sein de l’institution douanière locale et l’agent en question fut suspendu de ses fonctions pour être plus tard -et après avoir entamé une grève de la faim- réintégré dans son poste puis muté dans un autre service hors de l’enceinte portuaire. Ce dernier, au courant de certaines informations concernant d’autres trafics au niveau du port de Annaba en a fait part à la Direction générale à Alger qui dépêcha expressément des enquêteurs pour vérifier la véracité de ces informations. La Gendarmerie nationale s’est aussi saisie de l’enquête qui a duré près de cinq mois, où il a été découvert plusieurs infractions à la législation, dont faux et usage de faux s’agissant d’importateurs blacklistés et dont les documents ont été manipulés et « maquillés » pour faire accroire qu’il s’agit d’organismes spécifiques et donc nul besoin d’identification fiscale, fausse déclaration, transfert illicite de devises, complicités et autres.

L’enquête menée par la Direction générale des Douanes a abouti presque aux mêmes conclusions. Ce qui a donné lieu à une purge au niveau de cette institution à Annaba dont le chef d’inspection divisionnaire qui avait été écarté il y a près de deux mois.
L’enquête n’étant pas encore achevée, il est fort possible qu’elle pourrait être étendue jusqu’à Alger, où certains transitaires seraient impliqués et auraient bénéficié de protection et de complicités à un haut niveau. La Gendarmerie nationale, intraitable s’agissant de la défense de l’économie du pays et de l’application de la loi, ne ménage aucun effort pour présenter à la justice les mis en cause dans cette affaire quel que soit leur rang ou leur lien de parenté avec des cadres supérieurs de l’Etat.n