Le portefeuille foncier de la station balnéaire de Séraïdi, un village touristique situé sur les hauteurs, à une dizaine de kilomètres, surplombant la ville d’Annaba a été quasiment dilapidé. Le nouveau P/APC affirme que cette situation date depuis des années et que les dossiers de poursuites sont au niveau de la justice

qui devra statuer sur ces cas de constructions illicites bâties sur des terres appartenant à l’Etat. L’agence foncière de la wilaya, confrontée à la même situation, avait tenté en vain de récupérer ces terrains proposant aux indus occupants le même prix de cession payés aux « propriétaires » des plateformes en béton qui devaient en principe être régularisées dans le cadre de la loi. A l’origine de cette affaire, l’accaparement par des particuliers de terrains sur lesquels ils ont construit des plateformes pour aller ensuite s’enregistrer auprès de l’APC qui avalise la construction en attendant « ettaswiya » (régularisation). Le terrain occupé est revendu plus tard au prix fort, certains ont construit 3 à 4 plateformes, ce qui leur a permis d’engranger de fortes sommes avec bien sûr la complicité d’élus ou de responsables locaux permissifs et ne voulant pas trop se mettre à dos certains mafieux du foncier. Des centaines, voire selon certaines sources plus de 3 000 personnes sont concernées par ce détournement du foncier de l’Etat qui se trouve ainsi dépouillé de ses terres sans pour autant toucher un sou. En effet, à l’époque l’opération est simple : on choisit son terrain, on l’occupe en montant un semblant de clôture autour du périmètre, on construit des piliers, on s’enregistre et le tour est joué. Les lots revendus sont toujours aux noms des premiers « propriétaires » et l’agence foncière ne reconnaissant que ceux-ci refuse de reconnaitre les seconds acquéreurs et réclame ses terrains. Sur lesdits terrains, des maisons et même des villas avec piscines ont été construites et occupées. Les dossiers des indus occupants se trouvent au niveau du tribunal de Berrahal territorialement compétent où des magistrats spécialisés dans le foncier devront statuer sur ces milliers de cas d’accaparement de terrains de l’Etat. Les cas de détournement ou d’occupations illicites de terrains appartenant à l’Etat sont légion, la dilapidation se poursuit sur tout le territoire de la wilaya à telle enseigne que des équipements publics ne trouvent plus d’assiettes et ont dû être délocalisés pour les construire au niveau des communes voisines. Les zones industrielles ainsi que le littoral sont squattés, à la ferme Texi à El Hadjar, Boukhadra à El Bouni et du côté de Sidi Akacha (Chetaibi) c’est le même topo. La police de l’urbanisme et de la protection de l’environnement est aux abonnés absents. n