La restauration du vieux bâti à Annaba, initiée par la Direction de l’urbanisme de la wilaya, a été lancée il y a quelques jours pour, dans un premier temps, prendre en charge les immeubles du Cours de la Révolution, vitrine de la ville, avant de concerner d’autres sites. Les entreprises retenues ont installé leurs chantiers, mobilisant leurs personnels, pour exécuter les travaux confiés dans les délais.

Ainsi des armatures métalliques et des échafaudages ont été montés. Des ouvriers s’affairent sous les balcons et les coursives des immeubles décorés de statuettes datant de l’époque coloniale. Des immeubles de type haussmannien pour la plupart et qui nécessitent un savoir-faire particulier, ce qui, selon nos informations, n’est pas le cas.
Selon les spécialistes de ce type d’immeubles, leur restauration n’est pas chose aisée, ce n’est pas un replâtrage ou un ravalement de façade habituel, c’est un travail minutieux qui doit respecter l’intégrité de la bâtisse, son architecture et son caractère particulier selon des normes précises.
Des conditions qui ne sont visiblement pas respectées puisque le travail a été confié à des entreprises sans expérience dans le domaine et dont les personnels d’exécution n’ont qu’une formation sommaire dans ce type de restauration. La vieille ville qui, elle, recèle des trésors en matière d’architecture islamique, avec ses arcs, ses voûtes et ses arabesques et versets du Saint Coran en bas-relief, datant de l’époque ottomane et même bien avant, tombe en ruine et se meurt.
Des maisons à l’architecture mauresque avec des cours intérieures décorées de jets d’eau sont abandonnées au temps que les effets dévastateurs ont fini par faire disparaître. En hiver, il ne se passe pas une semaine sans qu’il n’y ait un effondrement de quelque bâtisse ou mur faisant disparaître ainsi un pan entier de notre histoire sans que la direction de la culture ou le département d’archéologie ne réagisse ou n’entreprenne quelque action pour remédier à cette situation.
Autant de repères culturels qui disparaissent réduisant à néant un patrimoine plus que millénaire.