Les marches de ce 45e vendredi se sont déroulées dans un climat tendu dans quelques wilayas du pays. Et pour cause. Des groupes de personnes contre le Hirak ont commis de graves dépassements à l’égard des manifestants. Des dépassements qui ont pris des formes violentes dans certaines localités du pays.
A Sétif, comme à Bordj Bou-Arréridj, en passant par Oran, Constantine, Annaba et Tiaret, les manifestants de vendredi se sont heurtés à des groupes de personnes qui n’ont pas hésité à recourir à la violence pour tenter de saboter les marches. A Bordj Bou-Arréridj, les marcheurs du Hirak ont été attaqués par de petits groupes d’individus qui scandaient des slogans hostiles au Hirak et glorifiant la mémoire du chef d’état-major de l’Armée Ahmed Gaïd Salah et l’ex-président Houari Boumediène. La contre-marche s’est vite transformée en acte d’agression. Plusieurs manifestants ont été blessés.
A Constantine, selon le journaliste Akram Kharief, environ 80 personnes ont tenté vers 14H d’occuper la place de la Brèche pour empêcher les manifestants de tenir leur rassemblement hebdomadaire. Ils scandaient des slogans contre le Hirak. «Deux agitateurs pètent les plombs et se mettent à frapper sans discernement, ils sont repoussés par la foule. Des milliers de manifestants sortent de la rue Abane-Ramdane, le groupe de perturbateurs s’évanouit dans la nature», témoigne-t-il.
Dans la ville d’Annaba, le pire a été évité de justesse. En arrivant à la place de la Révolution, les marcheurs ont trouvé quelques dizaines de contre-marcheurs qui ont recouru à la violence verbale et physique et empêché la tenue du rassemblement habituel. Plusieurs manifestants ont été blessés, indiquent des sources locales.
La même situation a été enregistrée à Oran. En effet, des groupes de jeunes ont tenté d’empêcher les manifestants de poursuivre leur chemin. Des affrontements entre les deux parties sont signalés. Les organisateurs de la marche ont fini par maîtriser la situation. Des slogans haineux et racistes ont été scandés par les participants aux contre-marches.
A Sétif, un groupe d’une cinquantaine de personnes ont essayé, à la fin de la marche, de tenir un rassemblement devant le siège de la wilaya pour exprimer leur hostilité au Hirak. Comme à Oran, les contre-manifestants scandaient des slogans haineux.
Dans la ville de Batna, les activistes n’ont pas pu tenir leur marche en raison d’une forte présence policière. En sortant de la Mosquée du 1er-Novembre, ils ont trouvé un impressionnant dispositif sécuritaire qui les a empêchés de démarrer leur manifestation hebdomadaire.