A Sidi Amar, une commune située à quelque 10 km du chef-lieu de wilaya d’Annaba, une vaste opération de nettoyage a été lancée avant-hier et devait en principe durer 2 jours et toucher toutes les cités et tous les quartiers de la localité.

Les élus de l’APC à l’origine de cette campagne avaient lancé un appel à la population pour participer à cette opération. Un appel qui, visiblement, n’a pas été entendu puisque ce sont les agents de la commune et les entreprises de nettoyage du complexe sidérurgique (situé à moins d’un kilomètre de Sidi Amar) qui ont été mobilisés.
La cause est que, d’une part, l’information n’est pas passée du fait que sa diffusion s’est limitée juste à un affichage au niveau du siège de l’APC, les associations n’ayant pas été avisées, d’autre part, l’«intrusion » du tonitruant député Baha Eddine Tliba dans cette opération de salubrité publique.
En effet, ce dernier s’est autoproclamé initiateur de la campagne de nettoyage qui finalement n’a touché que quelques cités et surtout la rue principale, vitrine de la localité.
M. Tliba, à l’ombre d’un arbre au bord de la route à l’entrée de la ville, donnait des instructions aux chauffeurs de camions et d’engins mobilisés à l’occasion. Ces derniers, peu motivés, ne s’exécutent que par crainte de représailles de la part de leurs employeurs, si bien que le travail réalisé n’est pas celui attendu. Les engins, tracteurs et camions à benne ont causé bien des désagréments aux automobilistes en ces matinées de mercredi et jeudi, où la circulation est dense aux heures de pointe. Bus, véhicules particuliers, camionnettes transportant des marchandises ont dû patienter près d’une demi-heure avant de pouvoir sortir de l’encombrement et ainsi rejoindre leurs destinations. Une situation qui a grandement pénalisé les centaines d’employés, qui sont arrivés en retard au travail, un préjudice pour l’économie locale déjà très mal en point. En ce vendredi, c’est un bilan que certains qualifient de positif alors que d’autres parlent d’un échec cuisant, puisque la plupart des quartiers sont restés tels quels avec des ordures et des déchets qui traînent comme d’habitude. D’autres parlent de récupération politique et d’exploitation de l’événement par le député Tliba.