« Smart City », « ville intelligente », « ville futuriste », des titres pompeux que les responsables locaux et nationaux « servaient » à tout va à chaque occasion pour louer les qualités de la nouvelle ville de Draâ Errich, située à une trentaine de kilomètres au sud du chef-lieu de wilaya d’Annaba, alors que la réalité est tout autre.

En effet, de la gestion intégrée des déchets domestiques, évoquée à chaque fois qu’on soulève la question des ordures ménagères, il n’en est rien et les amoncellements de ces déchets s’étalent dans toutes les cités de la ville faute de moyens mis à la disposition des populations. Des populations confrontées à des problèmes d’alimentation en eau potable et qui sont obligées de se débrouiller pour s’en approvisionner en ayant recours à l’achat de citernes ou en utilisant des véhicules pour aller en chercher à des kilomètres à la ronde. Une situation qui empoisonne la vie des habitants qui se plaignent et qui attendent toujours que la distribution d’eau se fasse régulièrement. Certains bénéficiaires de logements publics locatifs n’ont pas encore déménagé dans les nouveaux appartements mis à leur disposition par l’OPGI, ils préfèrent plutôt continuer à vivre même à l’étroit pour ne pas avoir à subir ces aléas. Le raccordement au gaz de ville ne s’est pas encore fait et c’est la galère pour tous ; la bouteille de gaz butane devient un bien précieux et l’on doit cavaler pour trouver et à des prix indécents. Cette pénurie s’est aggravée ces derniers temps avec la période hivernale et le froid qui sévit depuis quelques jours faisant exploser la demande. Les transports ne sont pas en reste et la situation devient encore plus insupportable à chaque nouvelle attribution de logements avec des milliers de nouveaux habitants qui arrivent et qu’il faudra prendre en charge. Les mesures prises par les pouvoirs publics demeurent insuffisantes pour juguler cette crise des transports qui pénalise les citoyens dont la plupart travaillent à Annaba et doivent chaque jour se déplacer pour rejoindre leur travail. Cela fait le bonheur des taxis clandestins qui prennent le relais et qui imposent leurs prix. Cette situation donne souvent lieu à des retards au travail ou à des absences fréquentes des employés, ce qui est très préjudiciable pour l’économie régionale. Au niveau des immeubles construits en hauteur, ce sont les ascenseurs qui font parler d’eux. Presque tout le temps en panne et fonctionnant par à-coups, ces appareils élévateurs, censés rendre service aux habitants, sont devenus inutiles et font désormais partie du décor. « Il vaut mieux s’assurer qu’on n’a rien oublié avant de redescendre car si on descend on ne remonte pas ! » nous confie un habitant de l’un de ces immeubles. Côté marchés de proximité, il n’en existe pas encore et ce sont les marchands de fruits et légumes activant dans l’informel qui se sont imposés, bien sûr, avec tout ce que cela suppose comme insalubrité et nuisances pour les riverains. Avec toutes ces « imperfections », on se demande où est-on allé chercher ces titres pompeux pour qualifier cette nouvelle ville. Et dire que l’on s’est mis à plusieurs (ce pôle urbain a consommé quatre walis) pour « pondre » pareille anomalie. n