Les enquêtes menées par la Gendarmerie nationale à Annaba risquent de toucher des responsables toujours en poste ou mis à la retraite du fait que les dossiers à traiter (au nombre de 7) impliquent des services et des unités du complexe sidérurgique dans des affaires de malversations, de détournements ou de violation de la réglementation.

En effet, des contrats passés sans respect du code des marchés auraient fait perdre à l’usine des millions de dinars, si ce n’est plus, au moment où l’on s’emploie à redresser la situation pour s’acquitter de créances de l’ordre de 20 milliards de dinars détenues par des fournisseurs, prestataires de services ou banques. Les marchés visés et qui, vraisemblablement ont été passés avec des entreprises privées, portent sur la réfection du réseau routier intérieur du complexe dont les coûts de réalisation dépasseraient, selon nos sources, les estimations communément admises. D’autres concernent les approvisionnements, la logistique et des prestations au niveau du Haut Fourneau n°2 dont la réhabilitation avait, comme chacun le sait, pris beaucoup de temps.
Le Président-Directeur général du complexe qui dit avoir été saisi par la Gendarmerie nationale sur ces sept dossiers, ignore l’origine de la plainte déposée, mais que cela importe peu du moment qu’il affirme avoir mis à la disposition des enquêteurs tout document ou pièce qui pourrait faire toute la lumière sur ces affaires.
Ce qui est sûr, c’est que la brigade économique est toujours en train d’éplucher les dossiers pour débusquer toute anomalie ou violation du code des marchés publics pour ensuite convoquer les personnes supposées avoir commis ces infractions. Apparemment, et selon certaines indiscrétions, ce sont de gros dossiers qu’il faudra traiter avec soin et prudence de sorte à ne pas avoir à gérer plus tard des erreurs judiciaires comme cela avait été le cas par le passé dans la toute première affaire, où des cadres compétents avaient été injustement incriminés et incarcérés.
Cette enquête vient à un moment où le complexe sidérurgique s’apprête à lancer une centaine de projets dont l’enveloppe investie, 46 milliards de dinars, aiguise l’appétit de certains qui ont de tout temps profité de l’argent du complexe en contournant la réglementation et en arrosant à tout va pour obtenir des marchés juteux. Les enquêtes en cours, et pour lesquelles la Gendarmerie nationale a mobilisé ses meilleurs éléments, dissuaderont certainement ces magouilleurs qui n’ont d’yeux que pour les milliards de dinars et ne se souciant guère du devenir d’un complexe vital pour l’économie de la région et pour le pays