Sept mille logements fins prêts attendent d’être distribués malgré la publication de la liste des bénéficiaires depuis des mois. La cause est que des centaines de recours ont été introduits par des citoyens qui se disent lésés pour avoir été exclus de cette liste.

Sur instruction du chef de l’Exécutif et pour prendre en charge ces doléances, des commissions d’enquête ont été instituées au niveau de toutes les cités pour procéder à des vérifications sur la base des dossiers fournis et s’assurer ainsi de l’authenticité des pièces fournies pour bénéficier d’un logement social et surtout l’état de l’habitation occupée par le demandeur. Au fil des jours, il a été découvert un peu partout, au niveau de la vieille ville, La Colonne ou encore Bouzaâroura, Bouhamra, les hauteurs de Rizzi Amor, pour ne citer que ces sites, des fraudes visant à tromper la commission d’attribution et ainsi accéder au logement social. Les enquêtes menées par les fonctionnaires détachés par l’administration ont établi que certains demandeurs ont déjà bénéficié d’un logement social qu’ils ont revendu pour revenir occuper une seconde fois leur habitation précaire. Le cas d’un propriétaire d’une villa en construction est édifiant. En effet, ce dernier a présenté un dossier en bonne et due forme « tout en règle » et a pu ainsi être porté sur la liste des bénéficiaires. Le contrôle a posteriori au niveau de la conservation foncière a permis de découvrir la fraude. Un autre, émigré en France, « propriétaire » d’une baraque à El Fakharine, a été lui aussi exclu de la liste. D’autres dont le revenu est supérieur de 5 à 6 fois celui fixé pour l’accès au logement social ont été, eux aussi, expurgés. D’autres encore n’occupent pas les habitations aux adresses déclarées et vivent ailleurs en attendant d’obtenir un logement, une pratique qui a sévi ces dernières années et qui a profité à d’indus bénéficiaires, alors que ceux qui en ont vraiment besoin ont été exclus. Intraitable quant à l’assainissement des listes des bénéficiaires, le wali d’Annaba a déclaré mardi sur les ondes de la radio locale qu’il s’agit de s’assurer de la destination de ces logements de sorte qu’ils doivent être attribués à ceux qui vivent dans des conditions précaires. «Il est impératif pour l’administration de s’assurer que les logements sociaux aillent à ceux qui sont vraiment dans le besoin, les contrôles et vérifications doivent être rigoureux de sorte à ne léser personne et ainsi être juste », avait-il répété. Les enquêteurs, au courant des pratiques des fraudeurs, ont eux aussi innové et ont pu de ce fait « pincer » certains qui croyaient avoir trompé l’administration. En effet, les membres des commissions arrivent tôt aux domiciles déclarés et s’ils ne trouvent personne, ils en déduisent après un certain nombre de visites que l’habitation en question n’est qu’une couverture. D’autres arrivent tard dans l’après-midi pour découvrir le même stratagème. Ces enquêtes minutieuses ont été appréciées par les populations des différentes cités qui voient là une prise en main réelle de la situation par les autorités qui veulent vraiment apurer ces listes de ces parasites qui empêchent certaines familles qui attendent depuis 20 à 30 ans un logement social comme c’est le cas d’une vieille dame habitant la place d’Armes et qui attend son logement depuis 1987.