Le portefeuille foncier de la wilaya d’Annaba ayant été dilapidé au cours des deux dernières décennies, les projets portés par différents investisseurs dans divers secteurs, tourisme, hôtellerie, industrie, agroalimentaire, se trouvent bloqués faute d’assiettes et sont toujours à la recherche de terrains pour concrétiser leurs projets.

Une situation qui a amené le chef de l’exécutif à prendre des mesures en vue de la récupération de centaines de lots attribués et dont les bénéficiaires n’ont toujours pas réalisé les projets pour lesquels ils avaient pourtant bénéficié d’avantages et facilités de la part de l’administration.
En effet, dans les 4 anciennes zones, Berrahal, Pont Bouchet, Meboudja ou encore au niveau de la ZAC d’El Bouni, des terrains sont encore nus, pour d’autres clôturés et pour d’autres encore, l’activité initialement prévue a été détournée par les propriétaires pour être transformées en dépôts pour diverses marchandises. En fait de projets créateurs d’activité et d’emplois, ces « investissements » se sont limités à la construction de hangars servant à y déposer toutes sortes d’articles, boissons, literie, ciment, pièces détachées et autres.
Le directeur des domaines de la wilaya d’Annaba, Boubaker Saâda, affirme que ces « faux investisseurs » n’ont pas respecté le cahier des charges et de ce fait, ses services sont en droit d’entamer la procédure de récupération des terrains et leur réattribution au profit de ceux qui veulent vraiment réaliser leurs projets. Cette fois, des contrôles rigoureux et un suivi de près seront effectifs pour s’assurer de la réalisation des projets. Ainsi l’on apprend que 254 mises en demeure ont été adressées aux contrevenants pour entamer les travaux de réalisation, dans le cas contraire les terrains affectés seront récupérés par voie de justice et seront réattribués à d’autres investisseurs. L’action en justice contre les contrevenants a déjà permis à l’administration de récupérer 14 lots de terrain, le tribunal administratif ayant tranché en faveur de la wilaya, 8 sont toujours en cours.
Reste près de 25 hectares disséminés à travers les zones industrielles et dont la société de gestion en a fait mention dans un rapport à la Direction des domaines après une enquête menée au niveau de ces zones. Ce sont des dizaines de lots où les attributaires n’ont pas encore entamé de travaux depuis des mois et pour certains, depuis des années, ce qui est contraire aux clauses mentionnées dans le cahier des charges. Avec tous ces lots, s’ils venaient à être récupérés, le portefeuille foncier sera reconstitué en partie et cette pénurie de terrain sera dépassée pour peu que l’attribution desdits lots se fasse selon la nature des projets et leur impact réel aussi bien sur l’activité que sur le plan création d’emplois.