Avant-hier, la mort atroce d’un ouvrier de la zone chaude a mis en émoi les quelque 5 000 travailleurs du complexe sidérurgique d’El Hadjar qui ont, encore une fois, soulevé les problèmes liés à leurs conditions de travail.

La victime âgée de 33 ans s’occupait du graissage des équipements. Une accumulation de monoxyde de carbone avait empli l’atmosphère,  devenue irrespirable, et l’ouvrier s’affala sur le sol. Ses deux collègues, eux aussi présents sur les lieux, ont inhalé ce gaz mais ont été très vite pris en charge par les secours dépêchés en urgence et ont pu être sauvés. Au CHU Ibn Sina, les médecins urgentistes avaient tout essayé pour ranimer le jeune Nadir Ounissi mais celui-ci avait déjà rendu l’âme. Il laisse derrière lui une veuve et 1 enfant.
L’autre accident survenu, il y a à peine trois jours, au niveau de la PMA où un ouvrier a fait une chute mortelle. L’homme retraité de son état travaillait pour l’entreprise de sous-traitance Metal Mind. Un autre drame qui vient endeuiller les sidérurgistes qui se sont rendus au domicile du défunt pour soutenir sa famille, une veuve et 5 enfants. La victime Chelbi Abdelhamid était employé au complexe sidérurgique d’El Hadjar depuis plus de 25 ans. Ces deux accidents survenus en l’espace de trois jours sont le fait du non-respect des règles de sécurité et de la négligence des services du HSE qui, apparemment, n’ont pas pris les mesures nécessaires pour éviter ce type d’accidents qui a endeuillé deux familles. Ce qui est étonnant c’est que ces mêmes services ont planté un peu partout des pancartes affichant l’objectif « Zéro Accident » avec un comptage des jours sans incident. Selon des spécialistes en matière d’hygiène et de sécurité, la politique et le système de sécurité devront  impérativement être revus et corrigés autrement de nouvelles victimes seront à déplorer.
« Les dispositions mises en place, les mesures de prévention et de sécurité ainsi que la formation du personnel ne sont pas adaptées, nous confie un spécialiste. La situation est grave, il y a eu mort d’hommes sur les lieux de travail, ce qui normalement ne devrait pas arriver. Il faudra tout revoir et mener une enquête interne minutieuse et prendre les mesures qui s’imposent.» La Gendarmerie nationale, qui a pris l’affaire en main, mène de son côté une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la mort de ces deux ouvriers et situer les responsabilités de chacun.