La mouvance islamiste se repositionne à Annaba faisant bouger les lignes dans le sens d’une extension de son espace d’influence avec cette unification des rangs qui se renforce de jour en jour.

En effet, dans un communiqué transmis à notre rédaction, le bureau de wilaya d’El Adala rapporte que le nouveau sigle de cette formation est désormais « El Ittihad » pour En Nahda, El Adala et El Bina, une dénomination qui se veut unificatrice satisfaisant ainsi les trois formations qui tiennent malgré tout à conserver leurs anciens sigles.
Le document souligne les principes fondateurs du mouvement avec en première position l’islam comme religion d’Etat et le peuple comme source du pouvoir, tout en fixant les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir. Ainsi, c’est à travers un programme commun qu’une alliance politique stratégique et unitaire pourra se réaliser, les prochaines législatives seront un premier pas vers cet objectif, affirme le document.
Les objectifs visés sont, entre autres, l’instauration d’un Etat démocratique et social dans le cadre des principes islamiques mentionnés dans la déclaration du 1er Novembre 1954, adopter la modération et le dialogue, la tolérance, l’acception de l’autre tout en œuvrant de concert avec les partis politiques pour une complémentarité au service de l’Etat et de la religion. Une feuille de route édulcorée, revue et corrigée pour s’adapter à la conjoncture actuelle mais qui dans le fond n’a pas varié d’un iota des aspirations profondes des trois formations dont les fondements sont l’islamisme.
Cette fusion officialisée, les militants du désormais El Ittihad se donnent la main et s’entraident au niveau des agglomérations pour attirer de nouveaux adhérents et les convertir à leur cause. Ils se recrutent parmi les chômeurs, les enseignants, les vendeurs de l’informel, où ils sont légion, les femmes au foyer, les étudiantes et même des employées au niveau de l’administration publique. Un prosélytisme qui tend à se développer et qui commence à prendre de l’ampleur.
Les réunions qui se tiennent quotidiennement au niveau du siège d’Ettahadi, les directives données aux militants et militantes prouvent que ça bouge du côté des islamistes qui, apparemment, sont cette fois-ci déterminés à couper l’herbe sous les pieds des partis traditionnels.
La flamme islamiste quelque peu mise en veilleuse par les événements au niveau arabe et international risque de se raviver, ranimée par un discours qui exploite la situation difficile des couches sociales défavorisées.