La visite d’inspection et de travail effectuée avant-hier à Annaba par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Bouazgui Abdelkader, a permis au commis de l’Etat de constater sur le terrain la situation du secteur en mettant le doigt sur les insuffisances pour ensuite prendre des mesures visant à améliorer la pépinière tomate industrielle Chebih-Messaoud.

L’occasion pour le ministre de critiquer le niveau de production agricole de la wilaya dont il dit qu’il n’a pas dépassé les 26 milliards de dinars plaçant Annaba à la 41e place au niveau national, tandis que d’autres wilayas ont réalisé un rendement annuel de 200 milliards de dinars, a relevé le ministre, insistant sur l’importance du choix stratégique du développement agricole pour booster l’économie nationale et relever le défi de la sécurité alimentaire. Ce qui n’est pas du tout acceptable au vu des potentialités que recèle la wilaya en matière de terres fertiles et de superficies cultivables, y compris l’agriculture de montagne. 

Le ministre pas du tout satisfait du rendement de ce secteur stratégique dira que les résultats obtenus ne traduisent pas les efforts consentis par l’Etat et les moyens mis en œuvre, surtout en cette conjoncture économique difficile que traverse le pays, prévoyant ainsi une réorganisation du secteur toutes filières confondues tout en encourageant l’investissement dans les exploitations et l’agriculture de montagne. Le rendement du secteur agricole et sa part dans la croissance économique locale est «inacceptable» et exige «une rapide orientation» vers la valorisation des capacités existantes. «Annaba qui recèle des atouts agricoles certains avec ses plaines, ses ressources forestières et un climat favorable n’est pas encore parvenue à relancer son agriculture», a déploré le ministre.
A la laiterie l’Edough, entreprise publique de production et de commercialisation de produits laitiers, où une ligne de conditionnement de lait en carton a été mise en service, le commis de l’Etat a insisté sur la nécessaire automatisation de la production qui devra satisfaire la demande et ainsi en finir avec les pénuries sporadiques sur le marché. Au niveau de l’abattoir communal d’Essaroual, dans la commune d’El Bouni, où les travaux d’aménagement perdurent et accusent 20 ans de retard, le ministre est entré dans une colère noire disant que cette situation est intolérable et qu’il prendra les mesures qui s’imposent pour accélérer les travaux et livrer le projet avant la fin de l’année. L’agriculture à Annaba ne se porte pas bien, la production baisse d’année en année du fait de l’abandon du secteur, de l’invasion du béton qui a accaparé des terres fertiles, des EAC et EAI détournées de leurs vocations, des sous-locations de terrains mais aussi du manque de moyens. Une situation qui n’est pas pour développer le secteur dont la production contribue pourtant à hauteur de 17% des exportations hors hydrocarbures, selon Ammari Chérif, Directeur de la régulation et des activités agricoles au niveau du ministère. Il affirme que l’Algérie dispose d’immenses potentialités en matière d’exportation de produits agricoles telles que la pomme de terre ou encore les dattes, dont la production a atteint 12 millions de tonnes ; produits qui ont été peu exportés.