« Non, je ne peux pas vous prendre, j’attends quelqu’un. » « Non, je ne vais pas dans cette direction, je ne peux pas vous emmener. » « Désolé, j’ai fini ma journée, je rentre. »…

Telles sont des échantillons de réponses que le client entend de la part des chauffeurs de taxi urbain qui refusent des courses parce que tout simplement ne voulant pas aller dans telle cité ou tel quartier ou emprunter un itinéraire où la circulation est dense. Et si par chance on arrive malgré tout à en trouver un de disponible, il vous applique un tarif qui n’est pas pour vous encourager à « récidiver ». Tout en prenant au passage un autre usager allant dans la même direction alors que vous avez loué le taxi en question pour une course. Ces chauffeurs, qui ont appliqué de leur propre chef la nouvelle tarification trois jours avant la date officielle et sans attendre la décision officielle de la direction des transports ont fait passer la course de 120 DA à 150 DA au grand dam des usagers qui subissent cette augmentation illégale. En l’absence de contrôles et de mesures coercitives, ces chauffeurs de taxi imposent leur diktat aux usagers qui n’en peuvent plus mais sachant que leurs plaintes au niveau de la Direction des transports prendra plusieurs semaines avant d’aboutir à une sanction, si sanction il y a. « C’est une perte de temps que de se déplacer à la Direction des transports pour aller porter plainte, nous confie un usager car cela peut prendre plusieurs jours avant que le chauffeur de taxi ne soit convoqué puis de l’être à mon tour pour exposer les faits et ensuite examiner le cas avant qu’il n’y ait une quelconque décision. J’aurais ainsi perdu mon temps. » Ce type de comportement est général et pendant ce temps les chauffeurs de taxi continuent leur forfait sans se soucier le moins du monde des clients. La circulation des taxis en ville obéit à des règles que les chauffeurs de ces véhicules ont établies eux-mêmes, s’arrêtant en plein milieu de la chaussée pour faire monter ou descendre des clients, bloquant ainsi les dizaines de véhicules derrière eux, et ne s’excusant même pas des désagréments causés, tout en circulant à toute vitesse et refusant la priorité ou grillant des feux rouges. Révolus donc le temps, où le chauffeur de taxi, rasé de près, en costume, cravate et casquette, aimable et le sourire aux lèvres pour vous inviter poliment à monter dans son taxi en vous ouvrant la portière. On régresse et cela continue. La solution selon certains usagers est que la Direction des transports devrait mobiliser des brigades de contrôle pour faire respecter la réglementation sous peine de fortes amendes ou de retrait de la licence de taxi. D’autres appellent de leurs vœux la réactivation du projet de tramway gelé depuis l’avènement de la crise économique alors qu’Annaba fournit ces tramways à toutes les villes équipées de ce moyen de transport.