C’est au centre-ville de Londres au P21 Gallery à quelques mètres de la British Library que le Dhikr Pictural de l’artiste algérienne Anissa Berkane est exposé en ce 1er décembre 2017.

Cette collection qui a débuté à Alger en 2015 à Dar Abdellatif puis au Palais de la culture Moufdi Zakaria en mai dernier via un passage à Téhéran (Iran) en décembre 2016, a atterri dans la capitale cosmopolite du Royaume Uni pour y rester jusqu’au 6 janvier 2018.
Aussi, c’est en présence d’une nombreuse assistance avide de découvrir l’approche artistique de Anissa Berkane qu’a eu lieu le vernissage dont les oeuvres sont exposées sur deux niveaux, jour de Mawlid Ennabaoui. Un fond musical joué sur «oud» par un jeune musicien a accompagné cette ambiance festive, mais tout aussi mystique.
Car, les oeuvres exposées, qui sont au nombre de 19, sont toutes liées à un verset, puisé dans différentes sourates du Livre saint qu’est le Coran. Celles-ci se déclinent autour de ce nombre mathématique pour se compléter les unes aux autres et s’imbriquer autour de la toile phare Le Nombre d’or qui attire toute l’attention. Curieux, les visiteurs se sont agglutinés autour de l’artiste pour saisir les explications de chacune des toiles. S’ensuivit un riche débat improvisé entre les visiteurs londoniens et l’artiste jusque tard dans la soirée. Le lendemain après-midi, une conférence fut donnée par la critique d’art italienne Fortunata Calabro intitulée «A Love Story : Mathematics and Art» où elle mit en relief les différentes techniques mathématiques utilisées dans l’élaboration des oeuvres artistiques telles que «Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte» de Georges Seurat pour illustrer le nombre d’or, «Galatée aux sphères» de Salvador Dali et «Femme assise» de Pablo Picasso pour les cercles et les cubes, «Mona Lisa» de Leonard de Vinci ou «La Naissance de Vénus» de Boticelli pour l’utilisation de la Suite de Fibonacci, «La Nuit étoilée» de Vincent Van Gogh pour la technique du point, «Le lendemain du mariage» de Mohammed Racim pour les cercles… Et c’est ainsi que les formes géométriques utilisées par chacun et le Nombre d’or fut tout aussi appuyé par les oeuvres de Anissa Berkane en prenant exemple sur «Qaaba» et «Univers» entre autres.
L’intervention fut suivie par celle du docteur physicien Ahmed Tchikou, venu d’Alger, où il évoqua l’œuvre Shor du Dhik Pictural et sa relation entre le cerveau humain et l’intelligence artificielle. La puissance du cerveau humain est à l’origine de toutes sciences dont l’art et reste l’outil indispensable pour tout progrès et par conséquent l’évolution dans la réflexion.
Un programme riche a été élaboré par les responsables du P21 Gallery, dont le commissaire Tewfik Douib, pour une animation en marge de cette exposition sponsorisée par l’ONDA entre autres, et ce, durant plus d’un mois avec une activité par semaine, dont une représentation d’un derviche tourneur qui sera suivie d’une lecture de poésie autour du soufisme prévue pour le 6 décembre prochain…