Le chef du Centre de transfusion sanguine (CTS) au CHU Mustapha Pacha, Pr Issam Frigaa a affirmé, samedi à Alger, que 50% des cas d’anémie étaient principalement dus à la carence en fer dans l’organisme. La carence en fer vient en 9e position sur un total de 26 facteurs de risque à l’origine de plusieurs maladies à travers le monde, a indiqué le spécialiste également président du Conseil scientifique de transfusion sanguine au niveau de l’Agence nationale du sang (ANS), en se basant sur les données de l’OMS, expliquant ce fait par le sous-diagnostic et l’approvisionnement insuffisant en sang. Qualifiant l’anémie de maladie complexe due à la carence en fer dans l’organisme et à d’autres facteurs, le Professeur Frigaa a dit qu’elle constituait «un lourd fardeau qui pèse sur la santé publique, en raison de l’absence de symptômes claires et du sous-diagnostic». Le spécialiste a cité dans ce sillage plusieurs symptômes liés à la carence en fer, notamment les lésions buccales, la baisse de la libido, la chute des cheveux, des troubles de la mémoire, des palpitations et l’asthénie. Etant un constituant essentiel de l’hémoglobine, en charge du transport de l’oxygène vers les cellules de l’organisme, le fer joue un rôle important dans la fabrication des globules rouges, a précisé Pr. Frigaa, ajoutant que toute carence en fer est susceptible de mettre la vie du malade en danger. La carence en fer dans l’organisme a des effets néfastes sur les enfants et les adolescents dont l’échec scolaire, le retard de croissance et des troubles dans le système de distribution de l’oxygène d’où l’impératif de consulter un médecin pour la prise d’un traitement. Pour sa part, Hadila Medassi, chef de service de gynécologie-obstétrique au CHU Lamine Debaghine (ex-Maillot) de Bab-El-Oued a évoqué les risques de l’anémie par carence en fer chez la femme dont l’état de santé devient plus fragile que celui de l’homme, d’autant que la femme connaît, durant son cycle menstruel, une perte de sang qui dans le cas où elle est importante peut provoquer une anémie dite ferriprive. Lors de la grossesse, explique la spécialiste, la femme a cinq fois plus besoin de fer que l’homme pour son organisme et celui du fœtus, et assurer ainsi à son nourrisson assez de fer durant ses six premiers mois de vie, avant d’avoir un apport suffisant en cette matière grâce à l’allaitement naturel et à l’alimentation. L’alimentation seule n’est pas suffisante pour couvrir tous les besoins en fer d’une femme enceinte, bien qu’elle soit en bonne forme et santé, a-t-elle souligné, estimant nécessaire de prescrire des médicaments préventifs pour éviter l’anémie. Dans le cas contraire, la femme enceinte peut entrer dans un coma après l’accouchement et risque même de mourir, si l’on ne remédie pas immédiatement à la situation. Dans le même contexte, elle a qualifié l’anémie de principale cause des maladies virales chez la femme enceinte, préconisant un bon suivi de la carence en fer chez les femmes notamment durant et après la grossesse, ou encore chez les femmes en aménorrhée et les enfants, et ce, en précédant à des analyses biologiques. La spécialiste a évoqué les mesures prises par le ministère de la Santé, à travers la mise en place d’un programme national de suivi et le lancement d’un guide spécial pour réduire le taux de mortalité chez cette catégorie, déplorant le manque de suivi de plusieurs femmes enceintes qui ne consultent pas un gynécologue, en dépit des moyens assurés par l’Etat dans ce domaine. (APS)