Le 10 décembre dernier, à Alger, les pays membres et non membres de l’Opep concluaient un accord historique tendant à réduire de 1,8 million de barils leur production de brut, afin d’en relever les cours. Entré en vigueur le 1er janvier, il prévoit que 24 pays, y compris une dizaine de pays non-Opep, dont la Russie, doivent réduire leur production de 558 000 b/j. 

Les principaux pays producteurs de pétrole, qui s’étaient engagés à compter du 1er janvier 2017 à baisser leur production de brut pour soutenir les cours, ont tenu leur promesse. A l’issue du premier comité de surveillance de la mise en œuvre de cet accord historique, les ministres du Pétrole des pays concernés se sont montrés confiants quant à l’avènement d’un rééquilibrage du marché. Le directeur de recherche en énergie et professeur en économie, Amor Khellif, qui intervenait hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, a estimé qu’au cas où les signataires de cet accord respectent leur quota de production, le prix du baril est susceptible de remonter à des niveaux évoluant entre 60 et 65 dollars. « Menacés par une nouvelle baisse des cours, tous ces pays ont intérêt, aujourd’hui, à respecter les termes de cet accord », a-t-il dit plus explicite. Il a dans ce sens relevé que le premier bénéficiaire de ce relèvement des prix profiterait, d’abord, aux compagnies pétrolières, qui ont fait savoir qu’elles ne se contenteraient pas d’un coût du baril dévalué, parce qu’elles ont la prétention de piloter la transition énergétique et de plus, «très impliquées dans le processus de promotion des énergies renouvelables ». Selon lui, il a toujours existé une «collusion », qu’il qualifie de «complot », basé sur des «intérêts convergents », entre groupes pétroliers et pays pétroliers, membres de l’Opep, dans le but de maintenir en hausse constante les cours du baril de pétrole. Revenant à la transition énergétique, il affirme que celle-ci ne se réalisera pas sans le pétrole, lequel, « continuera de constituer un élément fondamental » de l’équilibre entre les niveaux de l’offre et de la demande, «sur le long terme » et à se pérenniser, durant longtemps, comme source d’énergie. Il a exclu, à ce propos, que l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste puisse parvenir à s’imposer face au brut, en raison, « de son cycle de vie relativement court et d’une exploitation «extrêmement coûteuse». Ces affirmations interviennent alors que le pétrole Brent, référence pour le Sahara Blend algérien, enregistrait un net repli à la mi-journée d’hier, à 54,9 dollars le baril (-1%) à la Bourse de Londres. Les cours sont plus sensibles aux informations parvenant des États-Unis qu’aux nouvelles sur l’Accord de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres pays producteurs. Les observateurs estiment que le rééquilibrage du marché pétrolier, marqué par un excédent d’offres depuis plus de deux ans, est en bonne voie.
Pour sa part, le ministre saoudien de l’Énergie et de l’Industrie, Khalid al-Falih, a affiché, dimanche, son optimisme.
«La conformation [aux acords] est excellente. Elle a été vraiment fantastique», rapporte Bloomberg. «Je pense que c’est l’un des meilleurs accords que nous avons eus depuis longtemps», poursuit-il, selon la même source. <