En réaction à la récente condamnation des deux journalistes Khaled Drareni et Abdelkrim Zeghilech, l’ONG Amnesty International (AI) a appelé, jeudi, les autorités algériennes à mettre fin à ce qu’elle qualifie de «harcèlement judiciaire systématique des journalistes et à respecter le droit à l’information».
L’ONG, qui décrit un «contexte de répression croissant», dénonce en effet les «lourdes peines infligées à des journalistes», appelant ainsi à mettre fin à toutes les «campagnes d’intimidations et d’arrestations menées à l’encontre de journalistes pour avoir mené leur travail légitime». La directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Amna Guellali reproche aux autorités publiques leur «tentative de faire taire les voix critiques».
La même responsable a évoqué le cas de «certains journalistes arrêtés pour avoir partagé des vidéos ou critiqué le Président et exprimé leur soutien au mouvement populaire du 22 février», citant quatre journalistes poursuivis ou condamnés pour «atteinte à l’intégrité du territoire national» et «incitation à un attroupement non armé». «Tous ces journalistes sont sanctionnés pour avoir mené leur travail légitime», tranche Amna Guellali, pour qui, «au lieu de harceler les journalistes, les autorités algériennes doivent veiller à ce que tous les journalistes dans le pays puissent mener leur travail légitime sans faire l’objet d’intimidation, de harcèlement et de menaces d’arrestation». Cette dernière, qui cite le Comité national pour la libération des détenus d’opinions (CNLD), indique qu’au 25 août, au moins 42 personnes étaient détenues en raison de leur participation en ligne et hors ligne aux manifestations du mouvement populaire. L’ONG déplore également le blocage de certains sites d’informations devenus inaccessible en Algérie. «Plusieurs autres sites Internet d’informations connus pour leur position critique à l’égard du gouvernement voient leur accès bloqué sur les réseaux algériens», déplore l’ONG, indiquant que l’un de ces médias, est dans l’attente de «poursuites judiciaires complémentaires».
Pour rappel, le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait émis en mai dernier des critiques contre l’ONG international Reporters sans frontières (RSF) qui, dans un rapport, a fait état «d’atteintes à la liberté de la presse» en Algérie. M. Tebboune avait pointé alors l’impartialité du rapport et l’hostilité dont fait preuve ladite organisation envers l’Algérie, faisant état de son engagement à «renforcer la liberté d’expression et l’accès à l’information».