L’ONG rappelle que 31 personnes sont encore en prison après la libération de 37 autres libérées les 19 et 20 février dans le sillage du discours du chef de l’Etat à la nation. L’ONG de défense des droits humains Amnesty International a rendu publique, hier à l’occasion du deuxième anniversaire du Hirak, une déclaration à travers laquelle elle appelle les autorités algériennes à «libérer immédiatement» tous les manifestants et manifestantes «arbitrairement placés en détention» et «à abandonner toutes les poursuites judiciaires engagées contre eux» et «à faire en sorte qu’ils puissent avoir accès à un recours effectif».

Amnesty affirme avoir mené une enquête sur 73 cas individuels qui montrent qu’«au cours des deux dernières années, les autorités ont eu recours à des arrestations arbitraires, à des poursuites, voire, dans certains cas, à des condamnations à de lourdes peines d’emprisonnement contre des militants, des manifestants et des journalistes, visés pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions sur Facebook ou pour avoir participé à des manifestations pacifiques».
L’ONG soutient qu’«à l’heure où les Algériennes et les Algériens marquent le deuxième anniversaire du mouvement de protestation Hirak, les personnes qui militent au sein de ce dernier, les journalistes et les manifestants continuent d’être la cible de poursuites judiciaires uniquement pour s’être exprimés et réunis pacifiquement. Ces poursuites s’exercent dans un cadre juridique qui comporte des dispositions faisant de l’exercice légitime des droits fondamentaux une infraction pénale».
Amnesty rappelle qu’après le discours du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, à la nation, le 18 février dernier, «au moins 37 ont été libérés les 19 et 20 février, mais 31 restent toujours en prison», citant le Comité national pour la libération des détenus, un groupe d’observation local. Ses conclusions, indique l’ONG, «pointent vers une stratégie délibérée des autorités algériennes visant à écraser la dissidence, stratégie qui vient contredire leurs promesses en matière de respect des droits humains». «Ces actions sont celles d’un gouvernement désireux de censurer son peuple parce qu’il manifeste sans violence et exprime des opinions critiques sur les réseaux sociaux. Ces méthodes répressives n’ont pas leur place dans une société respectueuse des droits», a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.
«De nombreuses personnes graciées par le président Abdelmadjid Tebboune, ces derniers, jours sont des manifestants pacifiques qui n’ont fait qu’exercer leurs droits à la liberté d’expression et de réunion et n’auraient donc jamais dû être arrêtés», conclut Amnesty. <