Avec le lancement prochain de la société mixte algéro-émiratie « Emarat Dzayer Steel » et les dernières décisions du Conseil des participations de l’Etat (CPE), concernant le complexe d’El Hadjar, la sidérurgie à Annaba va connaître une véritable renaissance et un essor sans précédent.

En effet, après une période très difficile qu’a traversé le complexe sidérurgique, arrêts pour travaux de rénovation, pour causes de pannes récurrentes, travaux de réfection du Haut-Fourneau, pour pénurie d’eau, les décisions du CPE sont assimilées à une véritable bouffée d’oxygène aussi bien par les quelque 5 000 ouvriers et cadres que par le syndicat et la direction du complexe qui sont rassurés quant à la pérennité de l’usine et par là-même une meilleure visibilité s’agissant de l’avenir. Le CPE a validé la nouvelle organisation des 32 unités du complexe avec une classification des postes, des attributions, des responsabilités ainsi que toutes les activités en rapport avec la production, l’approvisionnement, la sous-traitance, le transport, bref, une sorte  de refonte de l’organisation sur fond de managment moderne qui, certainement, donnera de meilleurs résultats. La dette faramineuse héritée d’ArcelorMittal, de 122 milliards de dinars, a fait l’objet d’un rééchelonnement sur plusieurs années. Ce qui permettra au complexe de respirer et de ne pas crouler sous le poids de ladite dette qui hypothéquait l’avenir du complexe car devant s’acquitter de sommes énormes auprès des banques créancières.
Parmi les autres décisions du CPE, l’on citera un financement additionnel de 23 milliards de dinars qui sera injecté dans la modernisation du complexe et qui touchera certaines installations vétustes ou arrivées en fin de vie. Cela aura un impact positif sur la production qui connaîtra ainsi une augmentation conséquente et permettra de réaliser le business plan arrêté et réaliser l’objectif qui table sur 1,2 million de tonnes par an.
Les problèmes d’alimentation électrique et d’eau ont été abordés par le CPE qui a décidé de doter le complexe d’une autonomie lui permettant ainsi de s’affranchir de toute dépendance, comme cela a été le cas durant l’été passé, où l’usine avait été contrainte de mettre à l’arrêt le Haut-Fourneau pour cause de pénurie d’eau.
Les décisions du CPE ont été saluées par le syndicat d’entreprise et l’ensemble des travailleurs du complexe sidérurgique d’El Hadjar qui y voient une véritable planche de salut. « Nous sommes vraiment heureux que les pouvoirs publics s’intéressent de près à la situation du complexe en prenant ces décisions », nous a déclaré hier Ammouri Noureddine, secrétaire général du syndicat. Le moral « des troupes » est monté en flèche et tout le monde est content et rassuré. Il faut dire que nous avons traversé une période trouble, où les problèmes s’accumulaient et que nous tentions de régler au fur et à mesure. Le coup de massue a été, l’été dernier, avec la pénurie d’eau. La production s’était arrêtée et nous n’avions plus de ressources pour faire face aux dépenses quotidiennes et aux retards dans les salaires.
Aujourd’hui, avec ces décisions, nous respirons et nous sommes prêts à aller de l’avant plus que jamais. Les ouvriers sont mobilisés derrière les objectifs arrêtés et nous prouverons par le travail que cet argent injecté, aussi bien pour achever la modernisation des installations que pour doter l’usine de moyens propres quant à l’alimentation en énergie ou en eau, ne sera pas perdu. Nous tenons ici à saluer ces décisions qui mettent à l’abri notre complexe et nous en remercions les pouvoirs publics. »
Parlant de la nouvelle société mixte Emarat Dzayer Steel, notre interlocuteur nous dira que cela boostera l’économie de la région, créera de l’activité et, bien sûr, des emplois. « C’est une véritable aubaine pour les sidérurgistes. Nous allons travailler ensemble et nous allons mettre toute notre expérience et notre savoir-faire au service de cette nouvelle entité. C’est un partenariat qui peut beaucoup apporter, en plus des 1 600 emplois qui seront créés», conclut M. Ammouri.