Le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer a indiqué mardi à Alger que «la désastreuse situation héritée» a rendu les réformes escomptées «très difficiles» à mettre en place, d’où le maintien du cadre institutionnel et constitutionnel en vigueur pour éviter «l’aventurisme». «Le lourd passif et la désastreuse situation héritée ont rendu, très difficile, la mise en place des réformes, qui ne peuvent sortir du cadre institutionnel et constitutionnel en vigueur», a précisé le ministre lors d’une rencontre-débat sur «La place de la presse dans le projet d’amendement de la Constitution», organisée par l’Organisation nationale des journalistes sportifs algériens (ONJSA). Afin de concrétiser les réformes escomptées, «nous avons maintenu l’existant pour préserver le cadre pacifique en attendant les amendements à intégrer dans la Constitution, qui sera soumise, le 1er novembre prochain, à référendum», a ajouté M. Belhimer qui a souligné «l’aventurisme qu’aurait représenté une autre voie avec tous les périls pour le pays». Evoquant le secteur de la presse, le ministre de la Communication a mis en avant l’attachement de l’Etat à préserver la pluralité médiatique, «en garantissant l’ordre public interne». Néanmoins, a-t-il expliqué, l’intervention de l’Etat doit obéir à trois préalables, à savoir, qu’elle soit expressément prévue par la loi et que son objectif revête un caractère de légitimité mais aussi de nécessité dans le cadre d’une société démocratique. S’agissant des acquis qu’apporte, aux médias, la nouvelle Constitution, M. Belhimer a fait état de quatre principes inédits. Il s’agit de la consécration de la liberté de la presse, sous toutes ses formes, la précision de sa teneur, l’interdiction du discours de haine et de discrimination, et l’impossibilité de suspendre l’activité de n’importe quel support médiatique sans décision de justice, a-t-il détaillé, ajoutant que c’est là une protection contre toute forme d’abus ou règlement de comptes. Concernant les crises auxquelles est confrontée actuellement la presse, le ministre du secteur a estimé que cette situation est le résultat de l’absence d’un cadre juridique. La loi étant «le garant de stabilité», la caution juridique devient «sacrée», notamment lorsqu’il s’agit de mettre fin à des activités anarchiques et garantir une pratique sereine des libertés, a-t-il poursuivi. «Nous avons besoin d’un cadre juridique régissant tous les aspects de ce secteur», et «entreprendre une +algérianisation+» des textes juridiques relatifs, spécialement aux chaînes TV privées». Pour le ministre de la Communication, «la révision du cadre juridique apparait, donc, impérative», notamment avec l’émergence, au niveau international, de nouvelles formes d’expression, non inclues dans les lois actuelles. «Nous sommes obligés de nous adapter à cette nouvelle vision», a-t- il poursuivi. En réponse à des préoccupations de la corporation relativement à la garantie de la protection aux journalistes pour leur permettre de s’acquitter pleinement de leur mission, le ministre a estimé que «le plus grand obstacle à l’unité corporatiste est +le manque de maturité+», mettant en garde contre les divisions qui «servent les ennemis de la liberté de la presse». A ce propos, le ministre de la Communication a dit regretter le fait que des projets «importants» soient restés lettres mortes en raison de l’incapacité des journalistes à s’organiser dans un cadre unifié. Il a cité, dans ce sens, l’activation du Conseil national de la presse écrite, qui «reste impossible sans des organisations syndicales représentatives». Cette conférence-débat de plus de deux heures a été l’occasion pour les participants d’aborder l’ensemble des aspects touchant aux médias.