Le président de la commission politique de l’Instance nationale de médiation et de dialogue, Ammar Belhimer, a animé hier une conférence au cours de laquelle il a résumé les missions qu’a assumées le panel dans un contexte difficile et qui, d’une certaine façon, ne lui était pas favorable. Il a également soutenu que la seule voie de sortie de crise du pays passe par l’élection présidentielle, tout en mettant en garde contre ceux qui veulent faire appliquer en Algérie des agendas étrangers. Selon le professeur Belhimer, qui intervenait au forum du quotidien El Moudjhid, la mise en place de l’Autorité nationale indépendante d’organisation des élections permettra un retour à la confiance, car c’est elle qui sera garante de la transparence du scrutin. Le retour de la confiance, a-t-il
ajouté, passe également par «des candidats crédibles et intègres lors de la course à la présidentielle, ce qui créera un déclic dans les esprits des citoyens». M. Belhimer reste confiant que «ceux qui sont sceptiques quant au prochain scrutin feront le pas au vu de la crédibilité de l’Autorité d’organisation des élections et des candidats». Il conclue ce chapitre en affirmant qu’«avec des candidatures crédibles, fortes et charismatiques, le peuple votera en masse à la prochaine élection présidentielle, à la condition de garantir un scrutin transparent et honnête».
Il n’omettra cependant pas de rappeler que «le départ du gouvernement actuel, demande de quasiment toutes les parties avec lesquelles l’Instance de médiation a eu des consultations pour une sortie de crise, est une mesure qui permet de redonner confiance au peuple». A propos du mouvement populaire qui continue de battre le pavé tous les vendredis, il dira qu’au sein du mouvement, «c’est beaucoup plus une guerre de slogans qu’une guerre de programmes menée par des partis politiques, la société civile…». «Les choses évoluent dans la difficulté, mais évoluent positivement», estime-t-il.
Revenant sur le panel, il déclare que le travail de celui-ci était difficile. «Il a subi beaucoup d’attaques et d’insultes, notamment sur les réseaux sociaux. Après vérification, il s’est avéré que les insultes en question venaient de l’étranger, à savoir de Paris, de Montréal, etc. Pourquoi ces gens-là ne viennent-ils pas se battre ici avec nous, au lieu de rester loin du vrai combat que nous menons et ne faire que nous insulter», s’est-il demandé. Et à M. Belhimer d’enchainer que «les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter sont devenus des poubelles, où les gens déversent des insultes et ne font, malheureusement, plus de critiques constructives». «Ce ne sont plus ces espaces dédiés aux débats comme avant», a-t-il regretté.
Il considère que ce genre de comportement ainsi que des agissements similaires d’autres parties «répondent à des agendas étrangers». Il étayera ses propos en rappelant que les organisations non-gouvernementales financent des associations dans les pays, financent les réseaux sociaux, ensuite financent l’ingérence dans ces mêmes pays. D’où, «la situation que vit notre pays aujourd’hui exige une grande vigilance de la part de tous les Algériens», a-t-il prévenu. Invité à se prononcer sur les préparatifs en cours pour l’organisation de la présidentielle alors que le peuple algérien refuse ce scrutin, Belhimer a déclaré que «cette conclusion est trop hâtive» et qu’il n’est «pas convaincu que le peuple algérien n’ira pas aux urnes». «Il n’est pas opportun d’anticiper sur ce que fera le peuple algérien. C’est la voie des urnes qui lui permettra d’user de son droit constitutionnel à travers les articles 7 et 8». A la question de savoir que reste-t-il comme mission à l’Instance de médiation, il a répondu que sa mission était finie avec la remise du rapport final au chef de l’Etat par intérim. Abdelkader Bensalah avait ensuite demandé à Karim Younès de former et d’installer l’Autorité d’organisation des élections. «Aujourd’hui que l’installation de cette Autorité est terminée, on peut donc dire que la mission du panel est terminée aussi», a-t-il conclu. M. Belhimer a, par ailleurs, soutenu que le président de l’Autorité d’organisation des élections, Mohamed Charfi (ancien ministre de la Justice) est un homme que toute la corporation considère comme un homme intègre.<