Les entrepreneurs, dans les TIC et l’intelligence artificielle, issus de la communauté algérienne établie à l’étranger, ont profité de la tenue de Smart Cities Summit pour faire part de leur volonté

d’accompagner le développement national et de répondre à l’appel du Premier ministre, quant à leur contribution dans l’émergence de l’économie numérique. Beaucoup ont manifesté leur intérêt pour la télécommunication surtout, que la loi permet, aujourd’hui, l’investissement privé dans ce domaine. Ils assurent, en fait, que les compétences algériennes à l’étranger jouissent d’une grande expertise dans les TIC, leur permettant de répondre à tous les besoins nationaux via des solutions numériques. Dans cet entretien, le président de la Chambre de commerce algérienne au Canada, Amine Salah, et chef d’une délégation d’une trentaine d’entrepreneurs algériens établis au Québec, venue pour participer au Smart Cities Summit, a assuré, en effet, qu’ils sont prêts à se lancer pour peu qu’on leur facilite la tâche.

Reporters : Comment la diaspora algérienne établie au Canada peut-elle contribuer à l’émergence de villes intelligentes en Algérie ?

Amine Salah : La délégation de la trentaine d’entrepreneurs algériens établie au Canada, que je chapeaute à l’occasion de cette rencontre, jouit d’une grande expertise technologique. Et tous, sans exception, manifestent l’ambition et la volonté d’investir en Algérie, de créer des entreprises dans le domaine des TIC, dans la télécommunication, dans l’intelligence artificielle… Aujourd’hui déjà, Smart Cities Summit nous permet de faire étalage de nos expériences, de tisser des liens pour la réalisation de projets concrets.

Vous répondez donc favorablement à l’appel du Premier ministre afin que la diaspora contribue au développement de l’économie numérique…

Oui, l’Algérie a besoin de nous et on sera présents. Certes le marché algérien est intéressant pour tout investisseur, y compris celui issu de la diaspora. Mais ce qui nous pousse à vouloir investir en Algérie, c’est notre sentiment d’appartenance à notre pays d’origine, faire notre possible pour participer à son essor. Seulement, pour que cet objectif soit atteint, pour qu’on puisse répondre à l’appel du Premier ministre, certaines conditions doivent être établies.

Des conditions, dans quels domaines ?

Les barrières administratives qui existent en Algérie découragent les investisseurs de la diaspora. Il faut savoir que les opérateurs algériens actifs, établis à l’étranger, sont habitués à un certain rythme dans le lancement des affaires. Si une entreprise prend, par exemple, un mois pour être créée, pour eux, c’est une perte d’argent. Il s’agit donc de mettre en place des facilités qui leur permettent de créer de la valeur ajoutée rapidement. Il nous faut des facilités administratives à tous les niveaux, au ministère du Commerce, des Finances… Ce qu’on voudrait, c’est que les pouvoirs publics fassent l’effort d’ouvrir un bureau qui soit dédié exclusivement aux chefs d’entreprise de la diaspora. La mission de ce bureau sera d’accompagner les investisseurs, leur faciliter au maximum la paperasse administrative.

Pensez-vous que le projet Alger Smart City soit réalisable ?

Nous avons toute l’expertise et les compétences nécessaires pour cela. C’est tout à fait réalisable, d’autant plus que cela ne nécessite pas de gros financements. Si la diaspora est mobilisée et si les partenaires étrangers y mettent du leur, cela se fera rapidement. La mise en œuvre de ce projet, toutefois, exige une grande organisation, des facilitations et une volonté politique. Surtout que le besoin est criant. La rencontre d’aujourd’hui et notre présence ici prouvent qu’il y a une volonté politique. Pour notre part, nous voulons instaurer le sens du partage et de l’échange, même s’il y a concurrence, car nous poursuivons tous le même but. <