Reporters : Alger abrite aujourd’hui les premières «rencontres annuelles Méditerranée-Afrique des jeunes écrivaines». Comment est née cette initiative ?

Amine Idjer : L’idée de ces «Rencontres Annuelles Méditerranée Afrique des Jeunes Ecrivaines» (RAMAJE) est née lors de la Journée du 8 mars 2017, où se déroulait, à la Librairie Point-Virgule, une rencontre d’écrivaines et à laquelle a assisté le ministre de la Culture, qui a été agréablement surpris par le nombre important des écrivaines, l’échange qui a eu lieu, etc. Ainsi, il a souhaité leur rendre un hommage, à travers un événement dont l’objectif est de mettre en avant les écrivaines, nos écrivaines, vivant et travaillant en Algérie ou s’illustrant en dehors de nos frontières. Ces rencontres aspirent donc à promouvoir l’ouverture sur l’autre, sur le monde et sur l’écriture contemporaine, mais aussi à impulser des idées, à accompagner des initiatives et à constituer une force de propositions. Cet événement est placé sous le haut patronage du ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi. Le comité d’organisation est composé d’une éditrice/libraire, d’une professeure d’université, d’une auteure/poétesse et de journalistes.

Faïza Guène est annoncée par les organisateurs comme invitée d’honneur de cette première édition. Pourquoi ce choix ?

Faïza Guène, représente la diaspora algérienne. Elle est très attachée à l’Algérie et veut renforcer les liens avec son pays d’origine. C’est une écrivaine à succès : son 1er roman «Kiffe kiffe demain» a été un best-seller et a été traduit dans 26 langues. Elle veut partager son expérience avec les écrivaines de son pays d’origine. Je tiens à souligner à propos des écrivaines qui participent à cet événement qu’il n’y a pas eu une sélection. Les écrivaines ont été contactées. Celles qui ont répondu à l’invitation seront présentes aux rencontres. D’autres ont décliné l’invitation pour des raisons de planning car prises par d’autres engagements.

Outre les rencontres d’auteures, des ateliers sont également prévus au programme. Quelle est leur importance ?

Les professionnels de l’édition et les écrivaines ont peu d’occasions de se rencontrer et d’échanger sur les thèmes de l’écriture. C’est pour pallier à ce manque que nous avons pensé cette partie du programme. Les ateliers permettront aux écrivaines et aux professionnelles du livre (éditrices, libraires…) d’aborder les problèmes qu’elles rencontrent, déblayer le terrain et surtout fédérer les énergies pour la promotion du livre et de la littérature algérienne. Elles donneront lieu à des recommandations que nous présenterons à l’issue des RAMAJE.

Lors de cette première édition, un hommage sera consacré à Yamina Mechakra. Quelle forme aura l’hommage ?

L’hommage à Yamina Mechakra sera axé autour de la création du prix littéraire qui portera son nom. A travers elle, nous rendons hommage à toutes les femmes qui écrivent. Le prix sera lancé dans l’après-midi du 2 septembre. Il sera ouvert aux trois langues en usage en Algérie (arabe, français, tamazight) et sera décerné par un jury exclusivement féminin. Ses membres travailleront durant les RAMAJE pour élaborer une charte qui sera adoptée à la clôture.