Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, multiplie les déclarations liées à la loi sur les hydrocarbures. Il veut jouer un rôle important dans la coordination de l’action autour de l’amendement de cette législation, mettant en avant l’importance que revêt une bonne et attractive assise juridique dans le secteur pétrolier.

Présidant hier la cérémonie d’ouverture de la conférence exposition (NAPEC 2018) à Oran, Guitouni a formulé une déclaration portant sur le timing, pas sur ce que devrait être le contenu de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Le ministre semble dire que jouer sur le timing peut certainement s’avérer très payant, qu’il faut se faire un plan de travail dans un sens plus innové, plus favorable à l’investissement étranger. Et qu’il faut le faire maintenant parce que la crise s’est installée et que le temps joue contre nous. Il a du reste annoncé que les premières moutures du projet d’amendement de la loi sur les hydrocarbures seront livrées en juillet prochain. Nous prévoyons, a-t-il détaillé, la livraison des premières moutures du projet de l’amendement de la loi sur les hydrocarbures, au stade de réflexion, en juillet prochain. Guitouni a présenté une série d‘arguments pour expliquer pourquoi le gouvernement dont il fait partie souhaite une modification de la loi, soulignant ainsi que la dynamique dans la scène énergétique est en nette mutation et que les marchés ne sont plus les mêmes. Il a ajouté qu’il n’est pas logique de gérer le secteur des hydrocarbures, dont les cours du marché pétrolier varient entre 60 et 70 dollars, dans le cadre de la même loi. Le ministre a en fait raison de dire que l’on n’est pas dans le même contexte qu’il y a quatre à cinq ans où le pétrole se vendait à 150 dollars. Ce projet devra introduire de nouvelles dispositions sous forme de mesures d’encouragement en faveur du partenariat et en vue d’assurer une meilleure attractivité. A priori, l’amendement de cette loi va pouvoir encourager l’exploitation de tous les gisements et l’amélioration de l’exploitation des gisements existants et leur production, notamment dans le cadre du développement technologique. Booster les investissements dans les énergies nouvelles, les énergies renouvelables et les hydrocarbures non conventionnels, figurent également parmi les objectifs de ce projet, a-t-il fait savoir. Le ministre a jugé aussi indispensable de réviser l’arsenal juridique et fiscal lié au secteur des hydrocarbures en Algérie, devant éliminer les entraves face à l’investissement, assurer une attractivité des partenaires et surtout permettre de donner plus de consistance à la production des hydrocarbures qui a baissé ces dernières années, se répercutant de manière négative sur les exportations. Il y a une sérieuse chute et la direction de Sonatrach le sait. La production de l’Algérie est passée de 1,050 million de barils par jour en septembre 2017 à 1,012 million de barils par jour en octobre, soit 38.400 barils par jour en moins. Le recul de la production est plus prononcé. Bien entendu, sa reprise va permettre d’améliorer les revenus du pays. Les chiffres annoncés çà et là sont bons. Mais rien n’est sûr encore. Ainsi, les exportations en hydrocarbures s’élèveront à 34,4 milliards de dollars en 2018, à 38,3 milliards de dollars en 2019 et à 39,5 milliards de dollars en 2020. L’Algérie fait partie de ces pays dont l’addiction aux matières premières est forte. Ces pays tentent cependant de s’en défaire, mais les résultats restent largement en deçà des attentes. L’heure est ainsi venue de passer de la rhétorique à l’action, en mettant en place la forme juridique la plus attractive pour les investisseurs étrangers.
Par ailleurs, le ministre a assuré que le projet d’exploitation du gaz de schiste « est toujours à l’étude » et que le sujet « n’est pas à l’ordre du jour ». Le début de l’exploitation «ne peut pas commencer avant cinq ou dix ans», a-t-il tenu à souligner. «Nous étudions toutes les questions qui concernent le projet d’exploitation du gaz de schiste, notamment s’agissant des conditions de développement de cette ressource et des technologies liées à son exploitation, en plus de l’efficacité économique et la protection de l’environnement, des ressources hydriques et de la population», a encore souligné M. Guitouni.