PAR MILINA KOUACI
La moyenne des nouveaux cas de contaminations de coronavirus continue de refluer. Sur les dernières 24 heures, l’Algérie a enregistré 515 malades de la Covid-19, 27 décès, et 486 guérisons. Cependant, en dépit de l’amélioration de la situation sanitaire, le secrétaire général du Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP) et docteur en microbiologie, Youcef Boudjelal, appelle les citoyens à se présenter aux services de vaccination anti-Covid d’autant que les vaccins sont disponibles en quantité suffisante, tout en mettant en garde contre l’essoufflement de la campagne de vaccination. «J’appelle les citoyens à se présenter au niveau des structures de santé pour se faire vacciner, surtout que les contaminations sont en baisse», dit M. Boudjelal. Il souligne qu’un engouement pour la vaccination a été constaté lorsque les services de soins étaient à la limite de la saturation, il y a quelques mois. Maintenant que la pression baisse dans les hôpitaux, notre interlocuteur estime que «c’est le moment idéal d’aller recevoir sa dose de vaccin anti-Covid. Il ne faut pas attendre une flambée des cas de coronavirus pour prendre d’assaut les services de vaccination», insiste M. Boudjelal.
Il indique dans le même contexte que le pays n’est pas à l’abri d’une 4e vague. Les cas de contaminations pourraient repartir à la hausse durant les mois d’octobre et novembre qui coïncident avec l’apparition de la grippe saisonnière. La situation risque de s’aggraver quand le virus de la grippe circule, ajoute notre interlocuteur.
Sous peine d’arriver à une situation inquiétante, le docteur en microbiologie exige par ailleurs des autorités compétentes d’approvisionner les établissements de santé des réactifs biochimiques nécessaires aux tests RT-PCR et antigénique et de l’oxygène médical. Dans l’attente d’un nouvel arrivage, «nous puisons dans le stock qui est disponible. Il faut approvisionner les hôpitaux de santé de réactifs biochimiques constituant les kits de dépistage de la Covid-19 et de l’oxygène médical», ajoute le secrétaire général du SABSP.
Il lance, par ailleurs, un appel aux citoyens pour alimenter la banque de sang afin que les hôpitaux puissent répondre aux cas d’urgence. «Il faut se mobiliser pour remonter notre stock», dit M. Boudjelal à l’adresse de ses concitoyens.
Pour rappel, la campagne de vaccination a été officiellement lancée le 30 janvier 2021, mais n’a réellement commencé qu’en juillet dernier, après avoir reçu des millions de doses, selon le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid. Le responsable précise toutefois que la campagne a été freinée durant le mois d’août en raison «des vacances et de la chaleur», prévoyant qu’elle s’accélérera de nouveau avec la rentrée sociale. Au lancement de la campagne de vaccination, l’Algérie s’est fixée comme objectif de vacciner 70 % de sa population de plus de 18 ans. Mais du fait de la propagation du variant Delta, qui touche de plus en plus des sujets jeunes, l’autorité sanitaire a changé sa stratégie de vaccination en soulignant l’obligation de vaccination des moins de 18 ans. Le Pr Benbouzid se fixe un objectif de 30 % de la population vaccinée pour espérer une stabilisation même relative de la situation sanitaire.