PAR MILINA KOUACI
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique n’écarte pas la possibilité de passer au versement direct des subventions accordées par l’Etat à différents services, en l’occurrence la restauration et l’hébergement.
Une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir les organisations estudiantines qui demandent de revoir à la hausse le montant de la bourse ou l’institution d’une allocation pour que l’étudiant puisse gérer lui-même ses dépenses fournies par les directions des œuvres universitaires.
Une alternative que défend bec et ongles l’Union générale des étudiants libres (Ugel). Lakhdar Moukadem, responsable de la communication à l’Ugel, estime que le passage à une subvention directe libérera l’étudiant de la tutelle des directions des œuvres universitaires et lui permettra de se concentrer sur son cursus pédagogique et universitaire.
«L’étudiant devient le premier responsable des dépenses fournies jusque-là par l’Office national des œuvres universitaires (Onou), en particulier, la restauration et l’hébergement». A ses yeux, ce n’est que par la subvention directe que les étudiants résidents se prémuniront des problèmes des prestations universitaires qui laissent à désirer.
De nombreux étudiants estiment, en effet, que le budget consacré à la gestion des œuvres universitaires ne parvient pas aux étudiants, citant des cas de détournement. C’est dans ce contexte que les appels à la privatisation des œuvres universitaires et à la consécration d’un budget aux étudiants qui le gèrent personnellement surgissent annuellement.
Des sommes importantes sont allouées par l’Etat pour la prise en charge des étudiants, mais les «prestations se dégradent», témoignent des étudiants. A titre d’exemple, en matière de restauration, l’Etat offre à l’étudiant un repas allant de 250 à 300 DA, alors que dans les faits, «on nous sert un repas qui ne dépasse pas 100 DA», regrettent des organisations estudiantines.
De son côté, Nouredine Bouyakoub, membre du bureau national de la Ligue nationale des étudiants algériens (LNEA) propose : «Nous demandons de verser une allocation aux étudiants pour améliorer le cadre de vie au vu de la qualité des prestations universitaires et clore ainsi toute éventualité de corruption ou de détournements de fonds. Mais en gardant la main sur l’hébergement».
Pour rappel, le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé, récemment, la mise en place d’une commission nationale pour l’accompagnement de l’Office national des œuvres universitaires (Onou) et l’amélioration de la qualité des prestations. Le premier responsable du secteur Kamel Baddari a indiqué que cette commission sera chargée d’inspecter les résidences universitaires du pays et d’apporter des solutions aux problèmes qui seront soulevés par les étudiants et les fonctionnaires du secteur. La création de cette commission s’inscrit dans le cadre de «l’amélioration des conditions de vie de l’étudiant ainsi que la qualité des services universitaires de manière à booster son cursus pédagogique et scientifique tout en lui ouvrant les perspectives d’innovation».
Cette commission s’impliquerait dans l’amélioration des conditions d’hébergement, de restauration et du transport des étudiants : «Nous restons optimistes et nous travaillerons dans le sens de l’amélioration des services au niveau des résidences universitaires», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari a annoncé, hier à Alger, le lancement d’une nouvelle stratégie pour une prise en charge «efficace» des étudiants étrangers en Algérie, dans l’objectif de donner «plus de visibilité» au système algérien d’enseignement supérieur et de recherche scientifique. M. Baddari qui présidait une cérémonie d’accueil en l’honneur des étudiants étrangers sous le slogan «Student Marhaba Day» a indiqué que son secteur avait lancé une nouvelle stratégie pour attirer les étudiants étrangers et renforcer la visibilité de l’université algérienne au niveau international. Le plan repose sur plusieurs mesures «stratégiques et pratiques» dont «l’amélioration de la qualité d’accueil et de scolarisation des étudiants étrangers aux universités algérienne et la création d’un label délivré par la tutelle à tout établissement universitaire visant à améliorer les conditions d’accueil et l’accompagnement de ces étudiants». Selon les chiffres de la Direction de coopération et d’échange entre les universités au ministère, l’Algérie a enregistré à ce jour, l’arrivée de plus de 63.000 étudiants de 27 nationalités des continents africain, asiatique et européen pour étudier dans ses différents établissements universitaires, les technologies et les sciences exactes étant les spécialités les plus prisées. <