Par MILINA KOUACI
La colère sociale qui touche manifestement plusieurs catégories sociales ne s’estompe pas. Les menaces de protestation réclamant la prise en charge effective des revendications socioprofessionnelles diverses ne cessent de se multiplier dans un contexte marqué par la détérioration du pouvoir d’achat. La pression sociale semble avoir contraint les autorités concernées au dialogue qui n’aboutit pas.
Les syndicats de la Fonction publique annoncent la couleur, et ce, en dépit des engagements pris par le gouvernement et le président de la République dans le but d’apaiser la colère sociale. Les organisations syndicales n’hésitent pas à manifester leur «méfiance» tant que les décisions annoncées, il y a près de deux ans, ne sont pas mises en œuvre ou sont dessous des attentes.
C’est dans ce contexte que la tension gagne d’autres secteurs, à l’image de l’Inspection de travail, du personnel des affaires étrangères, outre celui de l’Education et de la Santé, qui revendiquent la protection du pouvoir d’achat et l’amélioration des conditions de travail.
Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères menacent d’entrer en grève dans le cas de non-ouverture du dialogue et insatisfaction de leurs revendications. Le Syndicat autonome du personnel des affaires étrangères (SAPAE) envisage de tenir une assemblée générale, mardi, pour décider de l’action à entreprendre. Afin d’améliorer la situation sociale des travailleurs, le syndicat exige l’attribution de la prime de souveraineté avec effet rétroactif, l’intégration des contractuels sans condition aucune et l’accès aux sorties en poste à l’étranger pour tous les corps communs.
Les inspecteurs du travail menacent, quant à eux, d’un débrayage ouvert en raison des conditions sociales et de travail. Le syndicat compte solliciter l’intervention du ministère du Travail avant de passer à l’acte afin de réformer l’Inspection du travail. Ces derniers déplorent une «absence totale des moyens de travail». Une situation qui implique «une intervention des parties concernées afin de reconsidérer le rôle de l’inspecteur du travail qui ne consiste pas dans le calcul du nombre des visites d’inspection effectuées, mais dans l’accomplissement de ses tâches définies par la loi», écrit le syndicat dans un communiqué rendu public.
Dans le secteur de la santé, la Coalition nationale de santé publique (CNSS), regroupant 8 syndicats, a décidé d’observer une journée de grève le 7 décembre prochain. Les problèmes communs aux différents corps de la santé ont fait que ces syndicats s’unissent afin d’arracher leurs droits. Outre la baisse du pouvoir d’achat, les 8 syndicats (biologistes, sage-femmes, infirmiers, auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique, médecins généralistes, professeurs de l’enseignement paramédical, ainsi que les praticiens spécialistes et les psychologues) font état d’une dégradation des conditions socioprofessionnelles et d’atteintes au libre exercice syndical. Ils déplorent également, les dysfonctionnements cumulés dans le secteur et une dégradation de leurs conditions socioprofessionnelles.
Quant au Syndicat des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique, membre de la CNSS, il a décidé d’une action de grève de trois jours à partir du 5 décembre. De son côté, l’Union nationale des personnels de la santé publique (UNPSP), affiliée au Snapap, a décidé de tenir des sit-in de protestation nationale les 13, 14 et 15 décembre prochain. Elle menace de radicaliser ses actions si la tutelle ne concrétise pas ses revendications. Le syndicat exige la réforme du secteur de la santé, un avancement de grade pour le personnel ayant à son actif 10 ans d’exercice, l’amélioration des conditions de travail, l’intégration des contractuels, un capital décès pour les ayants droit des travailleurs du secteur décédés des suites de coronavirus, ainsi que l’institution d’une prime de risque.
Dans le secteur de l’éducation, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) maintient son mot d’ordre près d’un mois après le début de la grève cyclique de deux jours, entamée le 2 novembre dernier. Le syndicat n’est pas près de renoncer à ses actions jusqu’à ce que la tutelle prenne en charge les préoccupations du corps enseignant, notamment la protection du pouvoir d’achat.
Concernant l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), elle met en garde la tutelle contre une explosion sociale. Ce syndicat demande au ministère de tutelle et au gouvernement de satisfaire les revendications soulevées, tout en invitant le personnel du secteur à s’unir et à se mobiliser pour d’éventuelles actions afin arracher leurs «droits légitimes».