A l’occasion de l’inauguration des travaux de la réunion, consacrée aux procédures nécessaires à l’amélioration des services de la santé publique, le ministre de la Santé, Pr Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, hier, que ses services «travaillent sans relâche pour régler rapidement les problèmes que rencontre le secteur de la santé».

Par Sihem Bounabi
Il soulignera la reprise du dialogue avec les différents syndicats et les directeurs de la santé publique, afin de recueillir les propositions relatives à «la révision des statuts particuliers» et «la revalorisation de la grille des salaires».
Le ministre a ainsi affirmé, conformément aux instructions du président de la république Abdelmadjid Tebboune, que la révision des lois et la valorisation du parcours professionnel ont été officiellement lancées. Ce qui se traduira concrètement sur le terrain par la valorisation des salaires des professionnels de la santé et la révision des lois fondamentales.
Le ministre a précisé que la rencontre visait «l’élaboration d’une feuille de route illustrant les orientations auxquelles nous aspirons pour parvenir à un service public de qualité». Il souligne ainsi que «les principes et bases consacrés par la loi 18/11 du 2 juillet 2018 relative à la santé et les orientations du Président, sont le socle sur lequel seront lancés les travaux d’amélioration du service public à travers le traitement des problèmes que rencontrent notamment les personnels, nécessitant une révision des statuts et des grilles de salaires y afférentes».
Le ministre de la Santé a aussi expliqué à cette occasion qu’un programme de travail a été proposé afin que «chaque structure présente un ensemble de textes organisationnels dans des délais précis». Assurant que «l’ensemble des propositions, notamment celles relatives aux textes organiques, feront l’objet d’un suivi quotidien par ses services».
Le ministre de la Santé insiste ainsi sur le fait que son département œuvre à l’amélioration de la qualité des services de santé en collectant «l’ensemble des propositions relatives à la révision des lois fondamentales et des grilles de salaires de façon à ce qu’elles soient à la hauteur des efforts que fournissent les différents corps qui constituent le secteur de la santé».
Pour rappel, l’un des dossiers prioritaires qui est sur la table est celui de la révision du statut particulier des fonctionnaires de la santé publique. Ce dossier a été officiellement ouvert au mois de mai dernier, lorsque la commission centrale de suivi des relations avec les partenaires sociaux au ministère de la Santé avait adressé un courrier à treize syndicats du secteur, leur demandant de lui faire parvenir leurs propositions
Pour rappel, cela fait plus de vingt ans que les syndicats de la santé réclament l’amendement du statut particulier, une revendication qui a été notamment exprimée durant plusieurs années par des mouvements de grève et de protestations qui se sont soldés par des promesses et des engagements de la part de la tutelle qui attendent toujours d’être concrétisées sur le terrain.
Ainsi, c’est seulement au mois de mai passé, suite aux instructions du président de la République de relancer le dialogue avec les partenaires sociaux et, particulièrement, le secteur de la santé, que le ministre de la Santé a reçu en audience plusieurs syndicats dont le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP). Lors de cette rencontre, plusieurs dossiers ont été relancés dont la révision du statut particulier et la mise en place de mesures incitatives.
Il y a également un dossier important, selon le SNPSSP, qui doit être traité, celui de «la discrimination en matière d’imposition entre confrères spécialistes de la santé publique et spécialiste hospitalo-universitaires». En effet, toutes les indemnités qu’octroie le ministère de la Santé pour des activités de soins aux spécialistes de la santé publique et aux hospitalo-universitaires ne sont pas imposées de la même manière, selon le syndicat, les spécialistes sont imposés à 35% et les hospitalo-universitaires à 10%.
Par ailleurs, il y a des dossiers qui ont été déposés au niveau du Premier ministre, dont deux revendications essentielles ont été débloquées, à savoir l’organisation des concours de gradation et la mise en conformité de la prime d’intéressement.
Concernant l’amendement du statut et la mise en place des mesures incitatives, ces dossiers sont techniquement parlant bouclés, affirme le SNPSSP, il faut juste les débloquer au niveau du Premier ministère. «C’est le rôle du ministère de la Santé qui s’est également engagé à intervenir auprès du gouvernement pour faire avancer ses dossiers», a-t-il indiqué.
Le ministre de la Santé devrait également intervenir au niveau de la Fonction publique pour la prise en charge du dossier de la classification du doctorat en médecine dentaire et pharmacie.
De son côté, le Syndicat des praticiens de la santé publique (SNPSP) avait à maintes reprises mis en exergue l’urgence de la révision du statut particulier et du régime indemnitaire, qui vont de pair en raison de la nécessité de revaloriser la valeur du point indiciaire, car le fonctionnaire est tributaire pour espérer améliorer son niveau de salaire.
L’autre priorité est la révision de la classification des différentes catégories du corps médical, l’évolution de carrière et la titularisation dès le recrutement des praticiens généralistes, ainsi que l’accès à la gestion hospitalière qui a toujours existé dans les textes, mais, dont paradoxalement, les médecins ont été écartés, puisque les statuts ont supprimé cette possibilité d’accéder à des postes de responsabilité.
Finalement, le ministre de la Santé s’est, encore une fois, engagé, hier, que ces services accélèrent la prise en charge des dossiers qui sont toujours en attente d’être concrétisés sur le terrain depuis des années. Pour ce qui est des priorités de travail, selon le ministère de la Santé, les dossiers qui seront traités en premier lieu sont les soins sanitaires, les médicaments et le matériel médical, la planification, la prévention et les mesures d’emploi, en sus du financement et des ressources humaines. C’est dans le cadre de cette liste de priorités que seraient incluses l’organisation des structures sanitaires, les modalités de prise en charge des patients ainsi que la révision des statuts particuliers et l’amélioration de la vie professionnelle du personnel du secteur.