Un but dans les derniers instants de la partie et tant de plans qui s’écroulent. L’élimination, sur le fil, de l’équipe nationale lors du dernier tour qualificatif de la Coupe du Monde 2022 a déréglé de nombreux paramètres. Au-delà de l’échec sportif, cela peut déteindre sur l’aspect économique. En effet, le contrat équipementier entre la Fédération algérienne de football (FAF) et Adidas expirera en janvier 2023. Flairant la bonne affaire, la marque aux trois bandes a tenté de le prolonger avant le match ‘’retour‘’ face au Cameroun. Une affaire qui n’a pas été conclue.

Par Mohamed Touileb
Cela aurait pu être un sacré coup pour Charaf-Eddine Amara. En effet, pensant, comme nombreuses personnes, que l’EN sera mondialiste et qu’il pourrait négocier un contrat solide, le patron de la FAF a joué la montre. Et on ne peut pas dire que ça manœuvre soit gagnante quand on connaît l’épilogue de la campagne qualificative des « Verts » qui a fini par tourner mal.

Les mauvais calculs d’Amara
Pour connaître les détails, le contrat entre l’instance fédérale et Adidas MENA (Middle East and North Africa) avait une durée de 4 années. C’est Kheireddine Zetchi qui l’avait signé en janvier 2019. Le gain (1.9 million d’euros) était presque triplé par rapport à celui qui liait les deux parties auparavant du temps de Mohamed Raouraoua avec une valeur de 700.000 euros.
Cette collaboration prendra fin en janvier 2023. Et la firme allemande voulait s’assurer d’habiller les « Fennecs » pour un potentiel Mondial au Qatar car tous les voyants indiquaient que les protégés de Djamel Belmadi allaient s’y qualifier. C’est pour cela que les représentants de la griffe voulaient prendre les devants et proposer une extension du contrat préalable. Et ce afin de ne pas tomber dans la surenchère avant la Coupe du Monde sachant que des concurrents pourraient proposer des offres plus alléchantes.
Bien évidemment, du côté de Dely Brahim, on connaissait les enjeux mais les calculs étaient finalement mauvais. Ainsi, en matière de sponsoring et partenariat, il y a le contrecoup de la non-qualification à la messe planétaire et une cote de l’EN qui va forcément chuter dans cette bourse footballistique. Certes, la FAF pouvait certainement prétendre à gagner plus dans le cas de qualification. Mais il y avait le cas échéant avec le scénario catastrophe qui s’est produit.

Qui va habiller les « Verts » ?
Clairement, si cette stratégie avait marché, Amara aurait pu être un fait saillant de son mandat. Le président qui est en instance de démission de la FAF a décliné l’offre de prolongation préférant négocier avec l’atout de la participation au Mondial. Aussi, en tant qu’avocat, le PDG de Madar Holding voulait probablement revoir certaines clauses dans le bail. Concernant ce volet, on peut relever que nombreuses défaillances ont été constatées dans la distribution avec la présence de deux relais, à savoir SF2 pour livrer en France et Medgrant pour vendre les produits en Algérie, qui n’étaient pas forcément « sérieux ».
Désormais, la FAF se retrouve en position de faiblesse. Il est possible que les « Fennecs » n’endossent plus des vêtements Adidas. Et il faudra chercher un nouvel équipementier. Avec un potentiel de vente très bas compte tenu de la contrefaçon qui ronge le marché en Algérie et le recul inévitable des « Verts » en matière d’image, le prochain patron de l’instance fédérale aura un dossier compliqué à gérer.