La huitième édition de l’exposition intitulée «Souggensa» s’est tenue avant-hier samedi jusque tard dans la soirée, dans les locaux du studio d’enregistrement Alpha Tango de Chéraga.

L’événement, qui prend à la fois l’apparence d’une exposition et d’un «grand marché», a réuni le travail d’une cinquantaine d’artistes et d’artisans. Et comme à son habitude, il accueilli un public important, dont des amateurs d’art, ainsi que beaucoup d’acteurs et de collectionneurs. Il aura, par ailleurs, été l’occasion de lancer et contribuer à faire connaître un nouveau studio de tournage. Un espace dont les responsables promettent déjà d’entretenir une relation privilégiée avec les artistes, en proposant notamment leurs locaux pour des ateliers de création ou des rendez-vous permettant aux artistes de rencontrer le grand public. La co-fondatrice du studio Alpha Tango, Mme Amina Castaing, nous a indiqué que l’espace, aboutissement du travail déjà accompli avec l’entreprise Bang Bang Communication, était destiné aux tournages de séries, publicités ou encore aux effets spéciaux pour le cinéma. Elle nous précisera également, en marge de l’ouverture du rendez-vous Souggensa et de l’inauguration du studio, que l’espace, relativement grand, composé d’un hangar modulable pour les tournages ainsi que de bureaux pour la post-production, avait également l’ambition de devenir un espace ouvert à la création artistique. «On aimerait que cet endroit vive. En général, les studios d’enregistrement sont situés dans des endroits isolés. Nous, nous avons l’avantage d’être implantés à Chéraga. Nous voulons qu’il devienne un lieu d’événements, modulables selon les besoins. Cela veut dire que nous pourrons à la fois organiser des rendez-vous, comme cette huitième édition de Souggensa, et, plus généralement, d’être un lieu de création pour les artistes qui pourront y travailler puis exposer leurs œuvres», a-t-elle souligné. L’exposition, qui réunit notamment les œuvres de photographes, dont Aïmen Mazouz, qui a mis en avant une collection de photos d’art où il présente sa «vision de l’Algérie d’aujourd’hui», ou encore d’artistes-peintres, artisans bijoutiers ou créateurs d’objets de décoration, a également ouvert ses portes à des entreprises, à l’image de Kutch, qui regroupe, depuis 2011, des designers qui conçoivent et fabriquent en Algérie une large gamme de meubles, évoquant le design des années 1950, 1960, ou encore le style scandinave. L’exposition est présentée, par l’une de ses initiatrices, Mme Dalal Bouchama, comme l’occasion de médiatiser le travail artistique, mais aussi de «réunir et partager le public de plusieurs artistes dans un même espace». Souggensa, en huit éditions, aura ainsi permis, explique-t-elle, à des artistes et artisans de se faire connaître et de lancer, par la suite, d’autres expositions. «Le secret est peut-être le public que l’on réussit à attirer à chaque édition». Donnant rendez-vous en décembre pour le neuvième Souggensa «dans un espace qui reste encore à déterminer», Mme Dalal Bouchama nous a également annoncé qu’elle travaillait sur l’organisation d’un projet d’atelier visant à accompagner les artisans afin de vivre, ou de mieux vivre, de son travail. «Un artisan n’est pas forcément designer ou artiste, le but sera donc qu’il travaille avec des artistes pour développer des lignes plus «vendables». Par ailleurs, notre objectif sera d’explorer les circuits de vente, notamment sur Internet». L’atelier, qui fera ainsi appel à des artisans pour partager leurs points de vue et expériences devrait avoir lieu «très prochainement», vers la mi-octobre, dans la région de Taghit.<