Alors qu’une décision est attendue pour l’école, dimanche prochain, du côté de l’Enseignement supérieur c’est encore le flou. Le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), par la voix de son secrétaire général Abdelhafidh Milat, tente une proposition pour terminer l’année universitaire.
Dans une intervention hier à la radio, le secrétaire général du syndicat, partant du principe qu’il n’y a pas d’année blanche, a proposé des examens dans les deux semaines suivant le dé-confinement. «Nous avons vécu une année relativement tranquille à l’université, il n’y a pas eu de grèves et avec les efforts de tous, on va vite sortir de cette situation», souligne-t-il. «Nous sommes face à une situation particulière, soit l’on dépasse la pandémie et l’on revient à la normale ou bien on va apprendre à vivre avec, à condition de prendre les mesures adéquates pour cela», dira Abdelhafidh Milat, concédant que «le dernier mot revient au président de la République». Il ne fait aucun doute que «si le retour intervient juste après le 15 mai, les choses ne seront pas compliquées à gérer, il n’y a pas eu de retard et donc le temps sera suffisant pour clore normalement l’année universitaire, mais si le confinement se poursuit au-delà, il faudrait se préparer à d’autres scenarios. Il est alors possible de reporter le retour à septembre. En tout état de cause, il faut que l’université se prépare au retour», dira Milat. Ce dernier propose une rentrée par étape. «Nous préconisons un retour progressif. Ce n’est pas une mince affaire, l’université comprend plus de 1 million 700 mille étudiants, plus 64 000 professeurs, des centaines de milliers d’agents d’administration et autres», affirme le secrétaire général du Cnes. A situation exceptionnelle, décisions exceptionnelles, «le retour peut se faire en trois étapes, par spécialités ou par palier avec organisation fragmentaire d’examens, afin d’éviter l’affluence», propose Milat. Rappelant le cas de la Tunisie voisine, qui a décidé un retour de l’université à partir du 1er juin, il dira refuser la probabilité d’annuler le second semestre comme préconisé par certains. «Il faut qu’il y ait des examens de fin d’année», dira Milat. Pour lui, les examens pourraient intervenir deux semaines après la reprise en cas de dé-confinement, dans le cas contraire, les examens auront lieu fin septembre. «Cette situation aura des conséquences certaines sur l’évolution de l’université, le plus important pour nous c’est de sauver l’année universitaire et que l’université soit prête à recevoir les nouveaux bacheliers la saison prochaine malgré les conditions difficiles», dira Milat. Il fera également une appréciation mitigée de l’enseignement à distance via les plateformes numériques mises en place pour pallier l’arrêt des cours. «L’enseignement à distance reste balbutiant dans l’université algérienne, il y a un manque d’expérience évident chez l’étudiant et le professeur». Mais, dira-t-il, «c’est une leçon pour nous, il faudrait désormais consolider ce système d’étude online qui est un bon complémentaire», tout en signalant les limites de ce moyen pour certains étudiants ne disposant pas des outils nécessaires. Les carences en matière technologique sont justement les points faibles de l’Université algérienne. «Nous restons performants en termes de structures mais faibles sur un plan technologique et humain, l’Université algérienne est toujours mal classée à l’international. Même au niveau maghrébin, nous sommes dans les derniers rangs, et ça ce n’est pas normal pour un pays comme l’Algérie», soulignera Milat. «Les gens ne le savent pas peut-être mais l’enseignant algérien touche le salaire universitaire le plus bas dans le monde», déplore Milat, qui recommande le changement de fonctionnement de l’Université. «La réforme doit être à tous les niveaux, l’Université a besoin d’une véritable révolution pour reprendre sa vocation». Et de préconiser de dépasser le LMD de plus en plus décrié. «Le système LMD a été un désastre pour l’Université algérienne et a détérioré le niveau, il faut impérativement aller à un autre système qui cadre mieux avec la particularité algérienne», assène le secrétaire général du Cnes.