Synthèse par INES DALI
L’Organisation mondiale de la santé a appelé les pays qui commencent à lever les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 à le faire de manière «progressive et lente», soulignant que des données récentes ont montré une forte augmentation de décès liés à cette pandémie. «Nous commençons maintenant à voir une augmentation très inquiétante des décès dans la plupart des régions du monde», a déclaré son directeur général. L’explication de l’Organisation est que plus il y a de contaminations, plus il y a de décès.
L’Omicron a engendré plusieurs sous variants et son sous-variant BA.2, est, jusqu’à l’heure, détecté dans 57 pays, dont l’Algérie. Il représente désormais la moitié des cas de Covid-19 recensés à l’échelle mondiale, a annoncé l’OMS avant-hier. Sans être affirmative, cette dernière souligne que des études récentes ont laissé entendre que BA.2 est plus contagieux que le variant original.
L’OMS explique, dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire, que l’Omicron, qui représente plus de 93% de tous les spécimens de coronavirus collectés au cours du mois de janvier dernier, compte plusieurs sous-variants, à savoir BA.1, BA.1.1, BA.2 et BA.3, après avoir rappelé que ce variant, qui se propage et mute rapidement, est
devenu dominant dans le monde depuis qu’il a été détecté pour la première fois en Afrique australe il y a dix semaines.
Les sous-variants BA.1 et BA.1.1, les premières versions identifiées, constituent toujours plus de 96% des séquences Omicron. Mais il est constaté «une nette augmentation du nombre des cas impliquant la BA.2, qui compte plusieurs mutations différentes de la version originale, notamment sur la protéine spike marquant la surface du virus et qui est essentielle pour pénétrer dans les cellules humaines». Des séquences désignées BA.2 ont été soumises au GISAID par 57 pays à ce jour et dans certains d’entre eux, ce sous-variant représentait désormais plus de la moitié des séquences Omicron recueillies, selon l’Organisation.
L’OMS a déclaré que l’on savait encore peu de choses sur les différences entre les sous-variants et a demandé que des études soient effectuées sur les caractéristiques du virus, notamment sur sa transmissibilité, sa capacité à échapper aux protections immunitaires et sa virulence. «Plusieurs récentes études ont laissé entendre que BA.2 est plus contagieux que l’Omicron original», a-t-elle noté, citée par l’AFP. Maria Van Kerkhove, l’un des principaux experts de l’OMS sur le Covid, a déclaré que les informations sur le sous-variant étaient limitées, mais que certaines données initiales indiquaient que BA.2 avait «une légère augmentation du taux de croissance par rapport à BA.1».
Omicron provoque en général des maladies moins graves que les variants précédents du coronavirus et Mme Van Kerkhove a indiqué que rien ne montrait jusqu’à présent que le sous-variant BA.2 présentait davantage de gravité. Elle a, néanmoins, mis en garde contre un rapide relâchement des mesures de lutte. «Ce n’est pas le moment de tout relâcher d’un coup Nous appelons à la prudence car de nombreux pays n’ont pas encore atteint le pic d’Omicron. Beaucoup de pays ont de faibles niveaux de couverture vaccinale. Ce virus est très dynamique et nous avons encore beaucoup à apprendre de lui», a-t-elle dit.
Le chef des urgences de l’OMS, Michael Ryan, a déclaré craindre que certains pays veuillent imiter les gouvernements qui assouplissent déjà les mesures, sans prendre en compte leur propre situation en matière de santé et de couverture vaccinale. Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui estime Omicron «dangereux», souligne ne pas demander aux pays de réinstaurer des confinements, mais les appelle à protéger leur population en utilisant tous les outils disponibles, et pas que les vaccins. Affirmant que le virus va continuer à évoluer, il a appelé à poursuivre les tests, la surveillance du virus et son séquençage. «Nous ne pouvons pas combattre ce virus si nous ne savons pas ce qu’il fait», a-t-il dit estimant que si le virus continue à évoluer, «les vaccins devront peut-être aussi évoluer».