Son sort semblait scellé. Anthar Yahia ne devait plus être directeur sportif de l’USM Alger car le Groupe Serport, actionnaire majoritaire du club, ne voulait plus collaborer avec lui en raison de la très mauvaise entame de la saison. Sauf que jeudi, à l’issue de l’ultime entrevue entre l’ancien défenseur de l’équipe nationale et Achour Djelloul, PGD de Serport, il a été convenu de le maintenir au poste. Un rebondissement qui a ses raisons.

Mardi, il n’était même pas dans l’avion qui a emmené la délégation usmiste à Constantine pour défier les « Sanafir ». Un signe bien clair qui montrait que la mission managériale de Yahia était terminée. Il ne restait qu’à définir les termes de la résiliation du contrat, devant courir pour 3 ans, entre les deux parties.
Entretemps, les « Rouge et Noir » étaient partis enregistrer un nouveau revers (2-1) chez le CS Constantine. Le 4e de la saison toutes compétitions réunies en 6 tests dans lesquels ils ne se sont pas imposés la moindre fois. Une entame d’exercice calamiteuse qui a mis Yahia au bord du précipice à la vitesse grand V. L’éjection était actée. Et l’information a fait le tour des canaux médiatiques du pays. Son aventure à l’USMA était terminée.

Les performances immédiates n’étaient pas exigées
Tout cela était comme un affront pour un héros national en 2009 qui a voulu participer activement au développement de la discipline environnement ô combien instable et véreux de la balle ronde locale. Yahia a fait des études et obtenu un diplôme pour savoir comment gérer un club professionnel avec des standards de management modernes. Mais, en Algérie, il fallait aussi gérer la rue. Et cette dernière est impitoyable est pesante tant elle décide souvent du sort à réserver à certains.
Compte tenu des performances désastreuses et loin des attentes et l’investissement faramineux de Serport, aux yeux de beaucoup de supporters de l’ « Ittihad », il n’était plus l’homme de la situation ni du fameux projet sportif qui a plié d’une manière spectaculaire face à la pression de l’immédiateté, désormais maladive, des résultats. Le « on veut tout et tout de suite » de ceux qui ne savent pas patienter pour récolter les fruits du vrai travail de fond a pesé de toutes ses forces.
Cela arrive souvent quand on met la charrette avant les bœufs. Et c’est -malheureusement- chose courante dans l’environnement footballistique Dz. Cependant, ce qu’il faut mentionner c’est que Yahia s’est entendu avec le board unioniste sur la gestion du prochain centre de formation et pour bâtir une équipe compétitive sur le long terme. Au moment de l’engager, personne ne lui a exigé de titres dès sa première saison.

Le sursis qui valait 10 milliards
C’est pour cela que celui qui a propulsé l’Algérie en Coupe du Monde 2010 grâce à son but historique à Omdurman face à l’Egypte a paraphé un bail de trois ans. Et il y avait des clauses qui le protégeaient d’un éventuel licenciement abusif qui est légion chez nous. D’ailleurs, pour défendre son intérêt, il a réclamé 648.000 euros pour laisser son poste vacant. Exigence que son employeur n’a pas pu satisfaire. Mettre l’équivalent de 10 milliards de centimes en devises en temps de crise aurait était de la folie pour un « chantier » qui se serait terminé à peine commencé.
Ainsi, Yahia avait mis Djelloul devant un fait accompli. Ce qui l’a contraint à le maintenir en tant que Manager général. Un sacré coup de force réussi par Yahia qui semblait avoir la ferme intention de poursuivre sa mission contre vents et marées. Quelque part, cela témoigne de sa bonne volonté d’apporter quelque chose et de redresser la barre.
Certes, il ne peut plus jouir de la centralisation des décisions qu’il a pu avoir dès le début. Des personnes devraient, selon nos informations, être désignées pour l’aider dans sa mission. Le nom de Hocine Achiou circule avec insistance. Comme lorsqu’il était footballeur, l’homme aux 53 capes avec l’Algérie devra travailler en équipe pour prouver que cette sacrée averse ne devienne qu’un mauvais lointain souvenir et un épisode duquel il en sortira grandi et conscient que l’aura ne suffit pas à tous les coups pour avoir la quiétude et le temps.