PAR NAZIM BRAHIMI
Se dirige-t-on vers la non-participation du FFS aux prochaines élections législatives du 12 juin après le Parti des travailleurs (PT) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ? Si le Front des forces socialistes n’a pas encore tranché officiellement sa position qui sera actée le 3 avril prochain à l’occasion de la session extraordinaire du parti, tout porte à croire, à la lumière des avis et lectures donnés par ses dirigeants, que le parti est davantage proche du boycott que de la participation.
Avant-hier à Khenchela, Hakim Belahcel, membre de l’instance présidentielle du parti, a indiqué que «les processus électoraux ne sont d’aucune utilité s’ils ne sont pas l’aboutissement d’un large consensus fruit d’un dialogue bâti sur la nécessité de rétablir la pratique politique».
Invitant le pouvoir politique à revoir les priorités du pays dans la mesure où le contexte actuel recommande «patience et sérénité», le responsable du FFS a estimé qu’«organiser des élections législatives anticipées dans un contexte similaire à celui qui a généré des échecs électoraux équivaut à une nouvelle aventure et une énième mise en péril de l’avenir du pays».
Dans une récente déclaration, le parti a relevé que «quel que soit son niveau et l’efficacité de loi qui l’encadrent, une élection n’a jamais été la démocratie. Elle constitue plutôt son couronnement». Et d’ajouter que «dans les conditions actuelles de notre pays et des conditions politiques du moment, elle (l’élection) ne peut jouer aucun rôle dans le changement souhaité qui exige plutôt un large débat national qui mobilise toutes les forces du pays».
Pour le parti, «les élections n’ont jamais constitué une priorité pour le FFS qui lutte pour l’avènement d’un changement radical et pacifique du système de pouvoir», soutenant que «plus que jamais, tout processus électoral doit s’inscrire dans une stratégie nationale claire visant à construire des institutions et consacrer la souveraineté du peuple».
De son côté, Soufiane Chioukh, autre membre de l’instance présidentielle du vieux parti de l’opposition, a indiqué que le FFS «ne saurait participer à cette échéance électorale dans les conditions actuelles», pointant également du doigt le contenu du nouveau régime électoral.
«Cette élection et la loi électorale la régissant sont à classer dans le registre des mascarades indécentes d’usurpation pure et simple du suffrage universel et de la souveraineté populaire qui ont fini par discréditer la démocratie électorale et, bien évidemment, le vote», a-t-il soutenu.
Pour le même responsable, «la persistance du pouvoir à organiser des élections législatives anticipées n’est qu’une suite du coup de force ayant déjà imposé un scrutin présidentiel et un référendum sur l’amendement de la Constitution, en faisant fi des revendications populaires».
Des propos qui ne révèlent pas moins l’intention du parti à tourner le dos à la prochaine joute électorale, lui, qui reste sur deux participations successives en 2012 et 2017.
Avant-hier, c’était le RCD qui a présenté les arguments ayant justifié son choix de bouder les législatives prochaines. «C’est sur ce fond fait de répression, de maintien en prison de détenus d’opinion, de restriction des libertés individuelles et collectives, la pauvreté, les inégalités croissantes imposées à notre peuple par un régime prédateur sont intolérables et la régression économique et sociale que le pouvoir en place, disqualifié à deux reprises par un boycott massif et historique des urnes, s’apprête à jouer une nouvelle tragi-comédie électorale le 12 juin prochain», a-t-il pointé.
Le Parti des travailleurs a jugé, quant à lui, que «les prochaines législatives ne constitueront pas l’amorce du démantèlement du système obsolète hérité du modèle du parti unique et contre lequel la majorité du peuple s’est révoltée et soulevée. Bien au contraire, ces élections font partie d’un processus électoral qui a été imposé au lendemain de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, pour sauver le système et imposer son maintien…» <