Le pays accuse toujours un sérieux retard en matière de traitement et de recyclage des déchets plastiques et ferreux. Une situation inquiétante sous plusieurs aspects, écologiques et économiques entre autres. En effet, selon les dernières statistiques sur les 34 millions de tonnes de déchets produites en 2018 (tous secteurs confondus) seulement 10% de ce volume ont été recyclés, tandis que le reste se dégrade à l’air libre. Et pourtant, il n’est plus à démontrer que le créneau du recyclage est générateur de gains substantiels pour les personnes qui s’y consacrent. Mais où le bât blesse ? Ce n’est certainement pas du côté des récupérateurs, car ils sont de plus en plus nombreux à sillonner au quotidien les centres urbains à la recherche du moindre morceau de plastique ou de fer. La raison essentielle, selon des personnes proches du dossier, est due à la faiblesse des capacités de traitement des volumes récupérés par les entreprises de recyclage. La majorité de ces dernières ne dépassent pas les deux tonnes par jour. Ce qui reste largement insuffisant par rapport aux volumes de déchets produits annuellement. L’investissement dans ce créneau est faible. Quels sont les moyens à mettre en œuvre afin d’accroitre le taux de recyclage ? Les connaisseurs du domaine interrogés à ce sujet sont unanimes, «seuls des investissements plus importants en capacités de traitement dans ce créneau peuvent permette de réaliser des volumes consistants de déchets recyclés». Il faudra aussi en parallèle que la demande des preneurs de déchets recyclés soit élevée et surtout régulière, «car à quoi bon faire du volume quand la demande ne suit pas», ont souligné des opérateurs rencontrés lors du dernier salon sur le recyclage. Pour l’heure, il s’agira de savoir si cette tendance à la baisse du volume de déchets recyclés va enfin connaître un autre sens, celui d’un regain d’activités dans le créneau. C’est le thème phare du Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets (Revade), prévu du 7 au 10 octobre courant au Palais des expositions des Pins Maritimes d’Alger. C’est ce que rapporte en substance le DG de l’Agence nationale des déchets (AND), Karim Ouamane, repris hier par l’APS. Ce responsable a souligné que «le salon vise, entre autres, à encourager la création d’entreprises dans le domaine de la gestion intégrée des déchets et faire connaître les équipements et les technologies utilisés dans le domaine du recyclage». S’agissant du marché du recyclage il a indiqué qu’il est animé par 4080 récupérateurs et recycleurs seulement. M. Ouamane a indiqué que pour faire face à ce déficit palpable dans le marché de la valorisation des déchets, engendrant une perte économique annuelle estimée à 45 milliards de dinars, ce salon ambitionne de faire la promotion de «l’entrepreneuriat circulaire» en particulier.
«Ce choix a pour objectif de booster le marché de la récupération et la valorisation des déchets, en encourageant l’investissement dans le domaine de la récupération», a-t-il dit.
Il vise également, a-t-il poursuivi, «à créer des partenariats entre les détenteurs et les récupérateurs de déchets, en vue d’établir des politiques convergeant vers des objectifs communs, entre les différents acteurs chargés de la collecte, le transport, l’enfouissement, la récupération et la valorisation, tout en bénéficiant d’expériences internationales qui seront exposées lors du salon».
Signalons que la 4e édition du Revade verra la participation de 80 exposants, dont une trentaine d’étrangers. n