Dans une conjoncture économique devenue instable, au cœur d’une crise sanitaire sans précédent, et dont les conséquences restent difficilement quantifiables, l’Etat tente d’atténuer l’impact de la pandémie par des mesures ajustées. L’on parle d’au moins 90 000 entreprises qui risquent la faillite à cause notamment de la stagnation de l’activité économique et le ralentissement de la consommation. Les entreprises, dont certaines ont complètement gelé leurs activités en attendant une reprise qui tarde, commencent à ressentir des difficultés. La survie des entreprises face à la crise est devenue, aujourd’hui, une sérieuse préoccupation. Selon des estimations non officielles, un tiers des entreprises croient à un dénouement proche de la crise et pensent pouvoir survivre, mais avec un niveau d’endettement élevé ou un rééchelonnement des dettes, d’autres sont convaincues ne pas survivre à cette crise sans mesures d’accompagnement. Les PME et TPE seraient les plus durement touchées par cette crise, 22% auraient licencié au moins la moitié de leurs employés et connu une baisse de 60% de leur chiffre d’affaires. L’Etat a, dès la déclaration de la crise et l’annonce du confinement, annoncé sa disponibilité à assister les entreprises notamment les plus vulnérables. La Direction générale des impôts avait annoncé la prolongation des mesures fiscales visant à soutenir les opérateurs économiques impactés. Ainsi, le délai de souscription de la déclaration mensuelle série G 50 des mois de février, mars, avril et mai et de paiement des droits et taxes y afférents, fixé initialement au 20 mai, a été prolongé jusqu’au dimanche 21 juin prochain. Pour rappel, la DGI avait annoncé la possibilité de souscrire la déclaration annuelle de résultats jusqu’au 30 juin 2020, dans le cadre des mesures fiscales destinées aux entreprises dont l’activité est touchée par la crise sanitaire actuelle.
Accompagner les plus vulnérables
La Banque d’Algérie avait annoncé une série de mesures exceptionnelles et conjoncturelles permettant aux établissements financiers et aux banques d’augmenter leurs capacités de financement en faveur des entreprises économiques impactées par la conjoncture. Des mesures d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers permettant à ces dernières d’augmenter leurs capacités de financement au profit des entreprises économiques. Entre autres mesures prises, le report du paiement des tranches de crédit, arrivant à échéance ou le rééchelonnement des créances de la clientèle, ayant été impactées par la conjoncture. Outre la poursuite des financements en faveur des bénéficiaires des mesures de report ou de rééchelonnement des créances, la BA recommande la réduction du seuil minimum du coefficient de liquidité afin d’augmenter le niveau des financements disponibles. La BA annonce d’autres démarches pour garantir les conditions adéquates au bon fonctionnement de l’économie nationale. Il s’agit impérativement de sauver les entreprises et préserver le tissu économique national. Ces décisions pourraient éviter un désastre économique qui risque de provoquer un pic du chômage. De son côté, l’Abef a annoncé la mise en œuvre de mesures de sauvegarde des entreprises et de l’outil de production au lendemain de l’instruction de la Banque d’Algérie. Tenant compte des difficultés que rencontrent les entreprises particulièrement exposées, du fait de la suspension ou des perturbations de leurs activités, les banques tentent de remédier à une situation qui pourrait leur être préjudiciable par ricochet. L’organisme financier a indiqué devoir examiner la situation au cas par cas (particuliers, professionnels, TPE, PME/PMI, grandes entreprises) et prendre les mesures adéquates. Ces mesures concerneront la prorogation des dates limites d’utilisation des crédits et les différés de paiement ainsi que l’annulation des pénalités de retard des créances. Des mesures applicables pour une période de six mois. Une période qui pourrait être décisive pour une grande partie des entreprises. Avant-hier, le ministre des Finances avait indiqué qu’un montant de 20 milliards de dinars est réservé aux catégories des professionnels qui ont perdu leurs revenus en raison de la pandémie.<