La consommation du gaz de pétrole liquéfié/carburant (GPL/c) en Algérie a connu une nette hausse durant le premier trimestre 2018, atteignant 136 161 tonnes, contre 99 424 tonnes (+37%) durant la même période 2017, indique l’Autorité algérienne de régulation des hydrocarbures (ARH).

La consommation des autres carburants, à savoir l’essence super, normale et sans plomb ainsi que le gasoil, a, par contre, poursuivi sa baisse, entamée en 2016, affichant 3,35 millions de tonnes durant les trois premiers mois de l’année en cours, contre 3,40 de tonnes durant la même période 2017 (-1,4%). Sur les trois types d’essence, la consommation du sans-plomb a toutefois connu une légère hausse de 1%, passant à 328 329 tonnes contre 325 289 tonnes. La consommation du super a nettement reculé, se limitant à 319 575 tonnes durant la période de référence contre 370 697 tonnes, en baisse de 14%, alors que celle de l’essence normale a baissé très légèrement de 0,4%, avec 277 951 tonnes consommées contre 278 946 tonnes. Quant au gasoil, sa consommation est restée quasiment au même niveau, à 2,427 millions de tonnes sur les 3 premiers mois de 2018 contre 2,425 millions de tonnes sur la même période de 2017. Le recul de la consommation des carburants hors GPL durant le premier trimestre 2018 est, en fait, la suite logique d’une tendance baissière entamée en 2016, souligne l’ARH. Une tendance provoquée et maintenue par plusieurs facteurs, dont l’augmentation des prix des carburants à partir de cette année ainsi que le recul sensible des importations de véhicules, selon l’organisme.
L’autre facteur, note l’ARH, est la «baisse importante» de la contrebande des carburants aux frontières. Comprendre que les prix nettement plus chers des trois types d’essence n’ont pas influé uniquement sur le niveau de consommations des Algériens, mais ont porté également un coup fatal aux trafiquants de ce produit qui ont pu, des décennies durant, tirer des dividendes conséquents d’un carburant vendu à prix bas intra- muros et revendu plus cher hors frontières. Pour rappel, les prix à la pompe des carburants toutes taxes comprises (TTC) appliqués en 2018 ont augmenté à 38,95 DA/litre pour l’essence normale, 41,97 DA/litre pour l’essence super, 41,62 DA/litre pour l’essence sans plomb, à 23,06 DA/litre pour le gas-oil.
Ces augmentations ont nettement avantagé la consommation du GPL/C, dont le prix est resté inchangé à 9 DA/litre, faisant que les quantités pompées aux stations-services du pays ont atteint 352 000 tonnes en 2016 contre 291 000 tonnes, soit une hausse remarquable de 57%. Cette progression s’est poursuivie en 2017 pour s’établir à 456 978 tonnes contre 351 571 tonnes en 2016, en hausse de 30%. Elle devrait continuer à grimper, à la faveur du programme de généralisation initié par les pouvoirs publics dans l’objectif de convertir au GPL/c 500 000 nouveaux véhicules à l’horizon 2021.
A noter également que la facture d’importation des carburants s’est chiffrée à près de 1,6 milliard de dollars (2,96 millions de tonnes de carburants importés) en 2017 contre 1,35 milliard de dollars (3,06 millions de tonnes) en 2016.
Afin de réduire la facture d’importation des carburants, un programme d’investissements a été entamé pour renforcer les capacités actuelles de production des raffineries, qui sont de 11,5 millions tonnes/an de carburants.
Décliné en plusieurs opérations, ce programme comprend la réhabilitation et la rénovation de la raffinerie de Sidi R’zine (Alger), dont les capacités de production devraient passer de 737 000 tonnes/an à 1,18 million de tonnes/an pour le gasoil, de 400 000 t/an à 1,3 million de tonnes/an pour l’essence, de 88 700 t/an à 270 000 t/an pour le GPL. En outre, des appels d’offres devraient être lancés au cours de cette année pour la réalisation de raffineries à Hassi Messaoud, dont l’entrée en production est prévue pour 2022, et Tiaret, avec une capacité de production de 5 millions de tonnes/an pour chacune. Dans la même démarche, Sonatrach a signé, la semaine dernière, un accord avec Esso Italiana (filiale à 100% d’ExxonMobil) portant sur l’achat de la raffinerie d’Augusta (Sicile, Italie). Ce site devra couvrir les déficits algériens en essence et en gasoil sur toute la période du plan à moyen terme 2018-2022.