Les frontières terrestres ne seront pas ouvertes à la date du 1er juin et resteront fermées sauf en cas de nécessité. C’est ce qu’on apprend dans un communiqué de la présidence de la République à l’issue de la réunion du Haut Conseil de Sécurité tenue avant-hier.

PAR INES DALI
En effet, après le Conseil des ministres de dimanche dernier qui avait annoncé la réouverture partielle des frontières aériennes et terrestres à partir du 1er juin, le Haut Conseil de Sécurité (HCS) a tranché sur la question des frontières terrestres indiquant que les détails seront communiqués ultérieurement.
«Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des forces armées, ministre de la Défense nationale (…), après avoir écouté les interventions des membres du HCS sur les questions inscrites à l’ordre du jour, a examiné les mesures relatives à l’ouverture des frontières aériennes et les conditions devant être remplies par les voyageurs, avec le maintien des frontières terrestres fermées sauf en cas de nécessité», a indiqué un communiqué de la présidence de la République. «Les mesures détaillées seront définies par un décret exécutif», est-il ajouté.
Le communiqué n’a donc pas fourni de prisions et il faudra attendre pour savoir quand et comment s’effectuera la réouverture des frontières terrestres et quels sont les «cas de nécessité», et ce, au moment où des éclaircissements sont attendus concernant la reprise des vols de et vers l’Algérie. Le communiqué sanctionnant la réunion du Conseil des ministres du 16 mai dernier avait seulement révélé qu’il y aura une programmation de cinq vols quotidiens au niveau des aéroports d’Alger, Oran et Constantine et que de plus amples informations seront communiquées la «semaine prochaine».
Pour l’heure, on ignore encore quels sont les pays concernés par cette décision. Mais entretemps, des informations non confirmées donnent déjà des noms de pays de et vers lesquels la reprise des vols sera autorisée. En attendant les informations officielles, et comme les ressortissants algériens sont pressés de savoir comment organiser leurs voyages, il se peut qu’une partie d’entre eux commence à s’organiser en fonction des informations non confirmées mais dont les diffuseurs disent s’appuyer sur «des sources proches du dossier». Selon ces dernières, la liste des pays concernés par la réouverture progressive de l’espace aérien comprendrait la France – en raison de la très forte demande sur cette desserte puisqu’une forte communauté algérienne y est installée -, l’Espagne et la Turquie, trois pays retenus dans un premier temps.
En revanche, le Canada, où il y a également un certain nombre de ressortissants algériens, qui viennent généralement une fois par an ou chaque vacance d’été en Algérie, ne serait pas porté sur la liste des pays vers lesquels il y a ouverture durant cette première phase. Ce pays serait probablement retenu pour figurer dans la liste de ceux concernés par la deuxième phase de l’ouverture des frontières aériennes, selon les mêmes sources, qui supposent que «les pays du Moyen-Orient pourraient être exclus momentanément du programme de reprise des vols en raison du risque élevé de propagation du variant indien».
Ceci étant, des interrogations persistent que ce soit pour les ressortissants algériens résidant à l’étranger et voulant entrer en Algérie ou pour les Algériens résidants en Algérie détenteurs de visas touristiques et voulant voyager hors du pays. Les deux catégories des futurs voyageurs sont dans l’attente de réponses «officielles» et «claires», ne souffrant aucune ambiguïté, pour que leur premier voyage depuis que le coronavirus s’est abattu sur le monde ne soit pas gâché par une quelconque omission ou le moindre détail non fourni. Les seules indications disponibles actuellement, à part les tests RT/PCR datant de 36 heures à fournir à l’entrée en Algérie, les Algériens résidant à l’étrangers ne savent pas quoi faire ni comment programmer leurs déplacements, alors que la programmation aussi bien en termes de temps que d’argent est indispensable lorsqu’il s’agit de voyager. Ils ne savent pas, par ailleurs, auprès de quelle compagnie aérienne ils peuvent faire leurs réservations. Ceux résidant en Algérie et détenteurs de visas touristiques ne sont pas mieux lotis et, selon le Pr Riyad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, «ils pourraient être soumis à l’autorisation de sortie du territoire national».
Quoi qu’il en soit, bon nombre d’Algériens qui avaient pensé à rentrer en Algérie par les frontières terrestres via la Tunisie ne pourront plus le faire, du moins pas à partir du début juin prochain. Quant à ceux qui comptaient aller en Tunisie pour passer leurs vacances, ils devront encore patienter, la situation épidémiologique due à la pandémie de coronavirus dans ce pays voisin n’est pas des plus rassurantes. Comme partout dans le monde, à des degrés différents.