Par Feriel Nourine
Pluies ininterrompues qui reproduisent les mêmes scènes, inondations, éboulements, glissements de terrain, routes coupées et toute une panoplie de dégâts que de nombreuses wilayas du pays vivent depuis plusieurs jours. Les BMS qui ne s’arrêtent pas d’être diffusés par l’Office national de météorologie (ONM), reconduisant les mêmes prévisions. Et lorsque ces bulletins spéciaux sont mis à jour, ce n’est pas pour annoncer l’accalmie mais plutôt pour alerter d’un prolongement de temps pluvieux pour des heures dans des cas et pour des jours dans d’autres.
Hier, l’ONM émettait une énième alerte du genre, avec vigilance orange, sur des pluies, parfois sous forme d’averses orageuses, qui allaient affecter plusieurs wilayas du pays à partir de l’après-midi. Chlef, Aïn Defla, Médéa, Tipasa, Blida, Alger, Boumerdès, Tizi Ouzou, Bouira, Béjaïa, Jijel, Bordj Bou-Arréridj, Sétif et Mila, précise la même source, ajoutant que les pluies allaient durer jusqu’à aujourd’hui, à 12H au moins. Le même BMS fait état d’une pluviométrie toujours à haut débit, avec des quantités estimées entre 40 et 60 mm, pouvant atteindre ou dépasser localement 80 mm sur les wilayas côtières.
Le communiqué de l’ONM précise que le BMS de ce mardi modifie et prolonge celui émis le dimanche 14 novembre 2021. Entre-temps, les dégâts et autres désagréments que font subir ces énormes quantités d’eau aux Algériens poursuivent leur cours, à l’exemple de la capitale, où les inondations n’épargnent pratiquement plus aucune commune, même celles qu’on croyait à l’abri de ce type de situation. Mais ce sont, bien-sûr, les communes les plus exposées à ce type de risques qui sont, aujourd’hui, une bénédiction que la gestion hasardeuse des autorités locales, associée au laisser-aller des citoyens, finissent bien souvent à transformer en malédiction, dont le pays n’avait assurément pas besoin après les douloureuses semaines vécues l’été dernier par les incendies qui s’étaient déclarés dans plusieurs régions du pays, provoquant un deuil national.
Affaissement de terrains, habitations écroulées et routes inondées et coupées, pour ne répéter que ce type de dégâts. Et quand les routes ne sont pas coupées, elles sont transformées en bouchons qui atteignent parfois des centaines de kilomètres sans laisser entrevoir une quelconque issue. De nombreux axes routiers algérois se transforment en stop qui dure et s’éternise jusqu’à obliger une bonne partie de leurs usagers à rebrousser chemin, alors que d’autres préfèrent ne pas sortir de chez eux, sachant que l’itinéraire qu’ils empruntent n’est pas à l’abri d’une inondation, un éboulement ou encore d’un poteau électrique ou un arbre qui tombe et empêche tout passage à bord d’un véhicule.
Dans cette configuration de circulation fortement perturbée, les retards s’accumulent aux portes des entreprises, des administrations, des écoles, des universités et toutes les autres destinations qu’il faut rejoindre chaque matin pour travailler, étudier ou vaquer à ses occupations. Déjà difficile, voire insoutenable, en période normale, la circulation routière est devenue impossible ces derniers jours, alors que des services chargés d’alléger la situation deviennent difficiles, parfois également impossibles face à des pluies qui n’arrêtent pas de tomber.