La contamination à la Covid-19 parmi l’encadrement des écoles n’a pas laissé les directions du secteur sans réaction afin d’éviter la contagion parmi le personnel des établissements où ont été déclarés des cas positifs. A cette catégorie est promis un congé «exceptionnel» sans la moindre ponction sur salaire. Du côté des enseignants du cycle primaire, on insiste plus que jamais sur la nécessité d’accompagner les établissements par les moyens de prévention nécessaires.
En effet, le ministère de l’Education a décidé d’accorder un congé exceptionnel rémunéré pour tout enseignant et agent administratif atteint par le virus. Ces personnes contaminées à la Covid-19 ne peuvent également reprendre le travail qu’en présentant une attestation de guérison.
Des directions de l’Education ont en effet expliqué les procédures à suivre vis-à-vis des fonctionnaires du secteur contaminés par le coronavirus ou ceux devant s’astreindre à une période d’isolement. À titre d’exemple, la direction de l’Education de la wilaya de Constantine a indiqué dans une note parvenue aux chefs d’établissements scolaires que le personnel enseignant et administratif contaminé par le coronavirus bénéficiera d’un «congé exceptionnel rémunéré sans ponction sur salaire».
«Tout enseignant ou fonctionnaire du secteur présentant un certificat médical prouvant sa contamination du coronavirus ou nécessitant un confinement à domicile bénéficiera d’un congé exceptionnel rémunéré, sans opérer des ponctions sur salaire», indique la direction de Constantine. Le congé exceptionnel pour un fonctionnaire du secteur atteint de Covid-19, poursuit la même source, est un «moyen de prévention et de lutte contre la propagation de l’épidémie de coronavirus». Les fonctionnaires du secteur, ajoute-t-on, ne reprendront le travail «qu’en présentant un certificat de guérison». Jusqu’à présent, le ministère du Travail n’a pas classé le coronavirus comme maladie professionnelle, alors que nombreux syndicats du secteur de la santé ont réclamé la classification de la Covid-19 comme maladie professionnelle.
Pour sa part, la Coordination des enseignants du primaire a démenti les informations selon lesquelles elle avait réclamé une prime de risque, précisant que sa principale revendication à l’heure actuelle demeure l’application stricte du protocole sanitaire dans les établissements.
Les enseignants de ce cycle réitèrent en effet leur «crainte» d’une propagation du virus dans le milieu scolaire qui n’est pas à l’abri de l’épidémie, risquant même de devenir un foyer épidémique si les mesures de prévention sanitaires ne sont pas garanties pour les élèves et le personnel enseignant, alerte le coordinateur d’Alger-Ouest, Bachir Kiouas. «Le protocole sanitaire est resté lettre morte», regrette notre interlocuteur qui précise que la Coordination a insisté à maintes reprises sur «la nécessité d’appliquer en urgence le protocole sanitaire pour lutter efficacement contre la propagation de l’épidémie».
Il dément ce qu’il considère comme des «allégations» attribuées aux enseignants du primaire par rapport à la fermeture des écoles ou la réclamation d’une prime de risque. «Nous n’avons demandé en aucun cas de fermer les écoles bien que c’est une demande légitime à l’heure actuelle où l’épidémie est sur une courbe ascendante», ajoute M. Kiouas, qui estime que l’épidémie se propage dans le milieu scolaire. Il a ajouté, dans ce sens, que si la situation sanitaire continue de s’aggraver, toutes les écoles seront inéluctablement fermées par la flambée des cas Covid-19, recommandant au ministère de tutelle «plus de communication» pour ne pas laisser place à la rumeur et la confusion.
Pour rappel, la Coordination exige du ministère l’octroi de moyens de protection aux élèves et aux enseignants et l’application du protocole sanitaire contre la Covid-19.
Ils réclament également l’ouverture de nouveaux postes pédagogiques par le recrutement des adjoints de l’éducation et superviseurs pour atténuer la charge sur ceux qui sont déjà en poste et qui sont appelés à un surcroit d’efforts dans ce contexte épidémique. n