Par Feriel Nourine
En dépit de la rapidité de contamination qui fait sa force et du nombre de cas record qu’il est en train de provoquer à travers le monde, la variant Omicron n’arrive pas à bouleverser le marché pétrolier où les prix affichés se sont inscrits dans une tendance allant plutôt à contresens des prévisions suscitées à l’apparition de ce nouveau variant de la Covid-19.
Autrement dit, le brut fait de la résistance dans une situation sanitaire qui promettait pourtant un net repli de la demande mondiale au départ de l’Omicron, à partir d’Afrique du Sud, le 25 novembre dernier. Mieux, la rapidité de l’avancée de l’Omicron a vite porté le nombre de contaminations à leur pic dans les pays les plus touchés et, du coup, une augmentation de la demande est déjà attendue par les investisseurs dont les craintes ont été calmées par ce type d’évolution. Laquelle a permis aux cours de vivre leurs quatre dernières semaines dans une tendance haussière qui est en train de les porter vers de nouveaux records. En ce sens, les prix viennent de clôturer la semaine en affichant leurs plus hauts depuis deux mois et demi, se rapprochant, à l’occasion, de leur record de l’année dernière.
Sur l’Inter Continental Exchange, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 86,36 dollars, vendredi, gagnant 2,24% par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février a augmenté de 2,63% à 84,28 dollars. Sur la semaine, la bonne santé du marché pétrolier s’est traduite par un bond de 5,38% pour la référence européenne et de 6,30% pour l’américaine.
L’envolée du brut se justifie, par ailleurs, par la discipline dont font preuve l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires à travers leur programme de production qu’ils continuent à gérer en privilégiant une démarche toujours prudente. A cela s’ajoutent les fortes perturbations au Kazakhstan et en Libye en raison de crises géopolitiques, faut-il le souligner.
Les investisseurs ont également pris connaissance des données des douanes chinoises sur les importations de brut. Si ces données ont augmenté en décembre, le volume total pour 2021 s’inscrit en baisse par rapport à l’année précédente, une première depuis 20 ans, selon des analystes. «En d’autres termes, c’est la première fois en des décennies que la Chine n’a pas été une explication majeure de la demande de pétrole», soulignent ces derniers.
En un laps de temps, on est passé des inquiétudes sur la demande aux inquiétudes sur l’offre. Celle-ci montre déjà des signes d’insuffisance face à une économie mondiale qui n’est pratiquement plus inquiétée par le variant Omicron et les mesures sanitaires annoncées à son arrivée, il y a moins de deux mois.