Le verdict en appel dans l’affaire de l’ancien député Baha Eddine Tliba et les deux fils de Djamel Ould Abbès sera annoncé le 6 décembre. Dimanche, la cour d’Alger a requis un durcissement des peines contre les accusés.
En première instance, les accusés Tliba et Skander Ould Abbès ont été condamnés à 8 ans de prison ferme et à 8 millions de dinars d’amende pour notamment infraction à la réglementation de change et des mouvements des capitaux de et vers l’étranger.
L’autre fils d’Ould Abbès, El Ouafi, a été condamné par contumace à 20 ans de prison ferme et contre lequel un mandat d’arrêt international a été émis pour les mêmes chefs d’accusation, en sus de l’obtention d’indus avantages.
Lors de son audition par le juge, l’ancien député d’Annaba, en plus d’avoir clamé son innocence dans l’affaire de marchandage des listes électorales du FLN, a tenté d’enfoncer les enfants de l’ancien secrétaire général de l’ancien parti unique et a à maintes reprises cité le nom de Bachir Tartag, ancien responsable des services de renseignements.
«Ils m’ont exigé de l’argent et m’ont même menacé de supprimer mon nom de la liste des candidats FLN d’Annaba, mais j’ai refusé le chantage. J’ai pris la décision d’informer les services de sécurité, en me rendant au bureau de Bachir Tartag, à Dely Brahim», a répondu Tliba aux interrogations du juge. Des déclarations que Skander Ould Abbès a tenté de nier en évoquant d’autres faits et échanges entre lui et Tliba sur fond d’accusations mutuelles.
La Cour a requis également un durcissement des peines contre Bouchnak Khelladi, chargé des candidatures au niveau du parti FLN, poursuivi pour les mêmes accusations, en sus de l’abus de pouvoir. Il avait été condamné à une peine de 2 ans de prison assortie d’une amende de 200 000 DA, tandis que l’entrepreneur Mohamed Habchi avait été acquitté des charges retenues contre lui.
Le Kouninef de nouveau à la barre
Le procès en appel dans l’affaire des frères Kouninef, propriétaires du groupe KouGC s’ouvrira aujourd’hui à la cour après avoir été reporté il y a vingt jours sur demande du collectif des avocats des détenus.
Poursuivis pour «trafic d’influence», «blanchiment d’argent», «obtention d’indus avantages», «détournement de fonciers et de concessions», et «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics», les accusés avait été condamnés, en première instance au mois de septembre dernier par le tribunal de Sidi M’hamed, à des peines de prison ferme allant de 12 à 20 avec confiscation de biens.
Réda Kouninef a été condamné à une peine 16 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars, son frère Tarek à 15 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars et Abdelkader à 12 ans de prison ferme.
Le tribunal a condamné Souad Kouninef à une peine de 20 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars. Le Tribunal a ordonné le lancement d’un mandat d’arrêt international contre elle.
Les personnes morales ont été condamnées à une amende de 32 millions de dinars. Les autres accusés impliqués dans l’affaire, dont d’anciens fonctionnaires de plusieurs ministères et organismes, ont été quant à eux, condamnés à des peines allant de 18 mois à 3 ans de prison ferme.
Le gérant du groupe KouGC, Keddour Ben Tahar a été condamné, lui, à une peine de 8 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars, alors que chacune des 45 sociétés affiliées au groupe devront payer une amende de 32 millions de dinars.
Lors du procès en première instance, les accusés ont été notamment auditionnés sur les changements importants constatés au niveau des clauses dans certains marchés conclus et des contrats signés, dont la modification des coûts et des délais de réalisation des projets, comme ceux prévus dans les espaces industriels appartenant au groupe à Ain Ouassara (Djelfa) et Ksar El Boukhari (Médéa). <