Si le marché en ligne a connu une évolution fulgurante en Europe, en Algérie, en revanche, l’intégration des nouvelles technologies de l’information (NTIC) dans le secteur du tourisme en est encore à ses premiers balbutiements.

Pour approfondir la réflexion et démontrer l’efficience du tourisme en ligne, le groupe HTT a organisé, hier, à l’hôtel El Aurassi, un Forum national sur le e-tourisme sous le patronage des ministres du Tourisme et de la Poste et des Technologies de d’information et de la communication. Intervenant lors de l’ouverture de cet événement, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Hacène Mermouri, a avoué que « la mise en place d’une réelle approche numérique à tous les niveaux de la chaîne des valeurs de l’industrie touristique a pris énormément de retard, alors que 60% du chiffre d’affaires mondial du secteur passe par Internet ». De ce fait, « le pays perd clairement en attractivité et dégringole dans le classement des voyageurs des principaux marchés émetteurs», a regretté M. Mermouri. «Le recours aux NTIC devient nécessaire pour toucher le maximum de touristes et d’agences de voyages, pour donner une plus grande visibilité du potentiel touristique de l’Algérie », préconise, à cet effet, le premier responsable du secteur. C’est d’ailleurs dans cet objectif qu’une convention dénommée « Cluster Tourisme » a été signée, en marge du forum d’hier, entre la société « Ayrad » et le ministère du Tourisme. Une plateforme de réservation en ligne « Cyber Léo » a été, en outre inaugurée à l’occasion.

Tous les hôtels en mode 2.0 d’ici a la fin de 2018
Pour pallier cette situation, Hacène Mermouri a également affirmé que « la tutelle compte opérer une ‘refonte 2.0’ dans le secteur hôtelier ». L’opération, selon lui, commencera, en premier lieu, « par l’équipement de 66 établissements hôteliers d’outils technologiques ». L’opération se poursuivra et touchera l‘ensemble des hôtels du pays à la fin de l’année 2018, a précisé le ministre.
De son côté, un responsable au niveau du même ministère n’a pas hésité à exprimer son étonnement face à la rareté de l’usage des NTIC dans les hôtels en Algérie. « La majorité des établissements s’en passent encore, ne percevant pas le potentiel et la valeur ajoutée qu’apportent ces technologies », fera-t-il remarquer. Avant d’évoquer également le cas des réseaux sociaux et leur apport en la matière, sachant que ces supports « donnent un éclairage en temps réel sur ce que pensent les clients des hôtels et sur ce qui les intéresse ». Il convient, ajoutera le même responsable, « d’agir de façon instantanée afin de répondre à l’éventuelle exigence internationale ».
Selon le dernier rapport du World Economique Forum (WEF), l’Algérie est classée à la 118e place, sur un total de 136 pays, du classement de la «compétitivité touristique».
Ses recettes en la matière se sont établies à tout juste 307,7 millions de dollars en 2016. Durant la même année, 1,71 million de touristes ont visité l’Algérie, selon l’Organisation mondiale du tourisme.
Sur le continent africain, l’Algérie est classée 19e, derrière l’Afrique-du-Sud (53e mondialement) et l’Ile Maurice (55e), alors que le Maroc, l’Egypte et la Tunisie sont loin devant, respectivement aux 3e, 4e et 9e places du même classement.