Le Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snategs) a démenti, hier lundi à Alger, avoir décidé d’une dissolution volontaire, tel que communiqué dimanche dernier par le ministère du Travail.

Pour l’actuel président du Snategs, Raouf Mellal, «la décision portant dissolution du syndicat est sans fondement. Seul un congrès national est habilité à prendre une telle mesure». De son côté, le président destitué, Abdellah Boukhelfa, «écarte être impliqué dans une quelconque dissolution du syndicat».
Avant-hier dimanche, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale avait annoncé que le Snategs a acté sa «dissolution volontaire». «La Direction des relations de travail, relevant du ministère, a été rendue destinataire d’une copie d’un procès-verbal portant dissolution volontaire de l’organisation syndicale dénommée Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snategs)», avait indiqué le ministère du Travail dans un communiqué de presse.
La décision de dissolution «volontaire» de cette organisation syndicale a été prononcée par les membres fondateurs lors d’une assemblée générale tenue en date du 7 octobre 2017 à Alger en présence d’un huissier de justice, avait précisé le ministère du Travail dans son communiqué. Selon une source autorisée au ministère du Travail, la Direction des relations de travail du ministère a agi «selon la base d’une correspondance officielle et d’un huissier de justice, résultant d’une assemblée générale qui s’est déroulée à Bordj El Kiffan à Alger, et réunissant les membres fondateurs du syndicat». «Les contestataires ont la latitude de saisir le canal de la justice pour faire valoir le bien-fondé de leurs réclamations», poursuit notre source.
Démentant l’information, le Snateg Sonelgaz a réagi en rappelant certains faits. «C’est la deuxième fois en l’espace de quelques mois que le ministre du Travail annonce la dissolution du Snateg Sonelgaz», rappelle le président du Snategs, Raouf Mellal. «Le ministère du Travail a déjà annulé en mai dernier l’enregistrement du syndicat Snateg Sonelgaz et en motivant cette décision par le départ à la retraite de l’ancien président du syndicat, Abdellah Boukhelfa, et le licenciement du président en exercice, Raouf Mellal, de son poste de travail à la Sonelgaz», a expliqué le responsable de communication du syndicat, Abdelkader Kouafi.
«Seul un congrès national est habilité à prononcer une telle décision. Le congrès du syndicat ne s’est pas tenu et aucune dissolution volontaire n’a été décidée. Bien au contraire, le congrès national du syndicat, qui s’est déroulé en juillet dernier à Alger, a tranché résolument contre une soi-disant dissolution et a également contesté la décision de retrait d’enregistrement décidé par le ministère du Travail», poursuit notre interlocuteur.
«Nous réaffirmons devant les travailleurs de Sonelgaz que le congrès national ne dissoudra le syndicat que dans le cas où la justice motive sa décision sur des bases légales avérées».
«Nous nous démarquons dans le fond et dans la forme de l’annonce du ministère du Travail qui n’a même pas pris la peine, poursuit le syndicat, de vérifier ou d’enquêter sur la véracité du procès-verbal en question». «Aussi, du moment que le ministère du Travail s’est immiscé dans les affaires internes de notre syndicat, nous allons saisir encore une fois le Bureau international du travail (BIT)», conclut le syndicat dans un communiqué de presse.