La crise a affecté l’économie en laquelle le gouvernement semble avoir placé de façon un peu trop optimiste ses espoirs d’imprimer une nouvelle dynamique à la croissance. En 2018, cette dernière a perdu de l’élan, retombant à 2,3%, en volume, contre 1,4% en 2017, alors que la loi de finances de 2018 tablait sur une croissance de 4%, selon les données provisoires du ministère des Finances.

Pourtant, la planche à billets a fonctionné à plein régime pendant cet exercice. Pour autant, elle n’a pas permis de fouetter la croissance. Le gouvernement en est certainement déçu. Le FMI avait indiqué que la croissance économique en Algérie devait se maintenir à 2,5% en 2018 contre 1,4% en 2017. Il n’a pas vu, non plus, juste. Mais tout n’est pas noir, le PIB (Produit intérieur brut) algérien a atteint 20.509,5 milliards de DA en 2018, contre 18.594,1 mds de DA en 2017. En dollars, le PIB national a été de 178,3 mds de dollars en 2018 contre 167,6 mds de dollars en 2017, selon la conversion faite par le ministère. Quant au PIB hors hydrocarbures, il a enregistré une croissance de 4% en 2018 contre 2,2% en 2017. La reprise des cours du brut en 2018, fût-elle relative, a contribué en réalité à améliorer le tableau financier du pays, un aspect évoqué d’ailleurs par le ministère des Finances. Ce dernier indique que le prix moyen à l’exportation du pétrole algérien a été de 72,43 dollars en 2018 contre 52,71 dollars en 2017. Sur le front de la parité du dinar, il n’y a pas eu de progrès, la monnaie nationale ne remonte pas. Au contraire. Ainsi, le taux de change moyen DA/dollar des douze mois de 2018 a été de 116,62 DA/dollar, contre 110,96 DA/dollar pour les douze mois de 2017, alors que le taux de change moyen DA/euro a été de 137,69 DA/euro contre 125,32 DA/euro pour 2017. Il y a cependant du positif en ce qui concerne l’inflation. Le ministère relève d’ailleurs que le taux d’inflation moyen des douze mois de 2018 a été de 4,27%, contre 5,59% comme taux moyen de l’année 2017. La loi de finances 2018 prévoyait une inflation de 5,5%. L’inflation est ainsi moins élevée que prévu. Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a affirmé, jeudi dernier lors, d’une visite de travail qu’il a effectuée dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès que le taux d’inflation estimé à 4,5 % restera stable durant l’année 2019. Il a assuré que l’inflation, estimée à 4,5 % demeurera stable en 2019 comme elle l’a été l’année d’avant. Abderrhamane Raouya a également indiqué que le recouvrement fiscal a connu, également en 2018, une amélioration notable, l’expliquant par les nouvelles méthodes adoptées dans ce sens et par les efforts déployés par les agents en charge de ces opérations. Dans ce contexte, il a appelé les opérateurs économiques à se diriger vers les banques pour s’acquitter de leurs impôts. Il a brossé un tableau plus clair des progrès en matière fiscale, sans perdre de vue le rapport de la Cour des comptes rendu public, il y a quelques semaines. L’institution a fait le point sur les opérations de recouvrement. Elle en a conclu que des insuffisances demeurent à ce sujet, relevant, qu’en 2016, la prédominance des recouvrements par mode de retenue à la source et de paiement spontané, a pris de l’ampleur. A titre d’exemple, l’lRG procure à lui seul 635,137 milliards de dinars sur un total de 713,758 milliards de dinars de recettes. Pour l’institution, le recouvrement des droits constatés est faible, privant le Trésor public de recettes, ce qui a conduit à l’aggravation des restes à recouvrer dont le montant détenu par les directions des impôts de wilaya s’est élevé au 31/12/2016, à 11 379,166 milliards de dinars dont 3 629,240 milliards afférents aux dettes fiscales (31,89%). Il est à noter que lors de son déplacement dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, le ministre des Finances a inauguré, le siège du réseau d’exploitation de la Banque nationale d’Algérie, situé au chef-lieu de wilaya. La réalisation de l’édifice s’étendant sur une superficie de 1.100 m2 a nécessité une enveloppe de 131 millions DA. Il a suivi sur place les explications présentées par les responsables de la BNA sur l’évolution du taux de recouvrement fiscal dans la wilaya, qui est passé de 5 milliards DA en 2015 à 7 milliards DA en 2018. Abderrahmane Raouia a appelé les cadres et les agents chargés de l’opération à redoubler d’efforts pour augmenter davantage les sommes engrangées lors de ces opérations. Le ministre a visité, en outre, les services du centre des impôts pour s’informer des mesures prises localement en vue du recouvrement fiscal. Il a enfin visité le nouvel hôtel des finances et le siège du trésor public, sis également au chef-lieu de wilaya.