C’est demain vendredi qu’arrivera à expiration le dispositif de confinement mis en place par le gouvernement pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus, Covid-19. Selon des indications à confirmer, l’Exécutif opterait pour un déconfinement « selon la réalité du terrain ». Il se ferait donc sélectivement, progressivement et par région en fonction de la courbe épidémique observée dans les wilayas du pays.

La décision ne peut provenir et être prise que par les plus hautes autorités du pays, soutient le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, même si son avis est d’une importance indéniable dans cette crise sanitaire de Covid-19.
«Le déconfinement est une prérogative qui dépend des autorités du pays à qui revient cette décision qui, faut-il le noter, est éminemment politique, car elle dépend non seulement de l’état sanitaire, mais aussi de l’état économique et social du pays», a tenu à souligner, en premier lieu, le Dr Mohamed-Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie.
Argumentant qu’il y a «des wilayas qui sont plus touchées que d’autres», il estime qu’on pourrait bien «prendre en considération cette donne afin de prévoir un déconfinement reflétant la réalité du terrain». En d’autres termes, la possibilité d’aller vers un déconfinement par région semble la plus plausible et la plus recommandée, mais en gardant toujours la mesure obligatoire du port du masque car, soutient Dr Bekkat Berkani, «on ne peut pas envisager des mesures de déconfinement sans qu’il y ait des mesures barrières dont la première est le port du masque dans les lieux publics, les administrations, etc.».
L’option d’un déconfinement par région se précise si l’on tient compte, également, du fait que le membre du Comité scientifique a tenu à rappeler que «le président de la République avait lui-même évoqué cette option».
Il estime que «pour être juste envers une région qui a été assidue en termes de respect des mesures barrières, dont le port du masque et la distanciation physique notamment, et dont le nombre de cas est très bas ou a complètement disparu, il n’y a pas de raison pour que le confinement dans celle-ci soit le même que dans les autres où un nombre de cas important de cas de contamination continue d’être enregistré». Il a cité, dans ce cadre, la wilaya de Tizi Ouzou où aucun cas n’a été observé depuis le 17 mai dernier. Il convient de noter que si des hôpitaux se vident et des services Covid sont en train d’être fermés dans certains régions du pays, il n’en est pas de même ailleurs, où il est fait plutôt état d’une hausse des cas de contamination et des cas de suspicion, selon les reportages effectués par les correspondants sur place. D’où, le déconfinement par région devient une éventualité fortement envisagée.
En résumant la situation, Dr Bekkat Bekani, qui déclare reprendre les propos du ministre de la Santé, a fait savoir que «la décision de déconfinement dépendra des autorités du pays, car c’est une décision politique, comme elle prendra en considération le paramètre de tous les chiffres, que ce soit les cas de contamination, les cas graves ou les décès». Mais il insistera également beaucoup sur le fait que «la levée du confinement dépendra aussi de l’adhésion et du respect des mesures barrières de la part de la population, dont le port du masque» qui est devenu obligatoire depuis dimanche dernier et dont les contrevenants encourent des sanctions. Pour Dr Berkani, si «tout le monde a une confluence vers les gestes barrières et si les chiffres sont optimistes, on ira probablement vers un déconfinement progressif. Il sera progressif dans la journée, soit en termes d’horaires, et progressif sur le plan territorial, soit par région». Mais il tient, avant tout, à préciser que loin des aspects économiques et sociaux qui reviennent à d’autres secteurs, le rôle du Comité scientifique est, entre autres, de préciser et d’insister sur les gestes barrières à observer et à faire appliquer absolument. Et parmi ces gestes, le port du masque en est le premier, un défi auquel on doit faire face, sachant que sa disponibilité partout n’a pas suivi l’obligation de son port et que la question des prix plafonnés à 40 DA n’est pas complètement réglée.
Entretemps, l’indiscipline ou l’insouciance d’une partie de la population est toujours présente. En termes de non-respect des mesures de confinement, et rien que durant les deux jours de l’Aïd El Fitr, soit dimanche et lundi derniers, le bilan rendu public par les services de l’ordre est bien éloquent.
La Direction générale de la sûreté nationale a fait savoir que pas moins de «5.319 personnes ont fait l’objet de poursuites judiciaires et 1.647 véhicules et 602 motos mis en fourrière durant les deux jours de Aïd El Fitr, et ce, pour violation des dispositions organisationnelles relatives à la prévention et la lutte contre la propagation du coronavirus». Cela sans compter que d’autres infractions avaient, également, été enregistrées, concernant, selon la même source, les regroupements de plus de deux personnes et le non-respect de la distanciation sociale.
Toujours en termes de violation des mesures de confinement et des mesures de prévention, une autre attitude a indigné les citoyens sur les réseaux sociaux qui n’ont pas manqué de la dénoncer. Sitôt informées, «les autorités de la wilaya d’Oran ont décidé, mardi, la fermeture immédiate d’un hôtel comprenant une salle des fêtes pour avoir abrité, à l’occasion de l’Aïd El Fitr, une soirée artistique en infraction aux mesures de prévention contre la propagation du coronavirus», a indiqué un communiqué des services de la wilaya, ajoutant que la soirée en question a été organisée sans autorisation préalable.n